
Cette dame au chapeau crocheté (réalisé au crochet), de couleur marron, les doigts maigres bagués, emmitouflée dans un manteau chocolat se plaignait. Avec un accent «parigot», qui veut dire parisien, elle se met à se plaindre à la maigre assistance qui l'écoute : «Qu'est-ce que c'est des hôpitaux qui ne reçoivent pas des malades '» Elle s'arrête un moment suffoquée par la colère puis continue : «Le CHU Mustapha, vous vous rendez compte, ne peut donner certains soins ! Là, je vais vers Maillot ! Vous connaissez ' Il parait que c'est à Bab El-Oued !» Un chauffeur de taxi lui proposa de la conduire vers Maillot et lui tint ce discours : «Chère madame, chez nous lorsqu'on a un rhume on va chez le médecin de famille. C'est pareil pour l'angine, la grippe ou la crise de foie. Pour une infection de l'oreille, une otite par exemple, on va chez l'ORL. Pour le rhumatisme on se fait ausculter par un rhumatologue. Si on doit passer un scanner on va chez un radiologue. Il en est de même lorsqu'on souffre d'un problème visuel, on se dirige vers l'ophtalmologue. Chez nous madame tous les bobos se font traiter en argent sonnant et trébuchant. On a adopté cette manie depuis quelque temps (facheuse ou pas), même lorsque nous devons rogner sur nos fins de mois pauvres, de débourser nos économies pour nos soins chez des médecins spécialistes ou autres. Les hôpitaux, madame de là-bas, c'est pour les riches…C'est pour cela que la pratique de la médecine douce prend de l'ampleur».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : L. N.
Source : www.horizons.com