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Conso ça ne flambe pas qu'à la pompe



Conso ça ne flambe pas qu'à la pompe
Avec 30% d'augmentation à la pompe, la hausse des prix du carburant va forcément se répercuter sur notre vie de tous les jours.Le taxis collectifs, urbains et interwilayas veulent augmenter les prixAlors que les taxis assurant le transport interwilayas ont augmenté les courses de 100 DA par passager au lendemain des augmentations des prix des carburants, les chauffeurs de taxi collectif ou à compteur ont quant à eux gardé les anciens tarifs, mais commencent à exprimer leur mécontentement. «Les chauffeurs de taxi sont très touchés par les nouveaux prix des carburants.Le plein de sans-plomb, qui me coûtait 1000 DA il y a une semaine, vaut aujourd'hui 1400 DA», déplore Youcef, un chauffeur de taxi algérois. Selon les dernières déclarations du ministre des Transports Boudjemaâ Talai, les tarifs des transports de voyageurs et de marchandises seront augmentés à partir du 15 janvier en cours. Une décision prise après la demande formulée par l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA). Le ministre a assuré, par ailleurs, que les transports terrestres relevant du secteur public garderont les mêmes tarifs.«Des réunions régulières sont organisées par le ministère pour l'accompagnement de ces transporteurs (taxi collectifs, urbains et interwilayas) avec des mesures d'allégement de certaines charges afin de réduire l'impact des augmentations des prix des carburants», a affirmé le ministre. «En réduisant les charges de ces transporteurs, l'augmentation de la tarification ne sera pas exagérée.» Le ministre a annoncé que les entreprises stratégiques ? Air Algérie, Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) et Compagnie nationale de navigation (CNAN) ? ne sont pas concernées par cette mesure.Des fruits et légumes plus chersLe secteur agricole est aussi touché par les hausses des prix des carburants. «30 à 40% du processus de production sont faits avec des engins et machines dépendants de carburant», affirme Slimane Bendaoud, producteur de pomme de terre. Selon ce dernier, ces mesures ne vont certainement pas jouer en faveur de la stabilisation de l'inflation des produits agricoles : «Les nouveaux tarifs vont se répercuter négativement sur le coût du produit proposé à la consommation. Il faut s'attendre à de nouvelles grilles prochainement. Ce problème s'ajoute à la longue liste des contraintes que subissent les agriculteurs, ce n'est qu'une preuve de plus de la désorganisation qui caractérise le secteur agricole en Algérie.»Pour conclure, cet agriculteur rappelle que «dans les années 1960, un type de gasoil était exclusivement destiné à la production agricole et valait moitié moins cher que le gasoil normal. Aujourd'hui, on paye le même prix que les automobilistes et les transporteurs». «Les prix de certains fruits et légumes, même de saison, ont augmenté cette dernière semaine. Pour l'instant, il n'y a que la pomme de terre dont le prix reste stable et raisonnable», témoigne Samia, une consommatrice croisée au marché de Bab El Oued.Nouveaux tarifs pour les transporteurs de marchandisesLes transporteurs de marchandises n'ont, eux aussi, pas hésité à répercuter les augmentations à la pompe et certains... sans en référer aux autorités. «Plusieurs transporteurs et livreurs de marchandises privés affichent une nouvelle grille de tarifs», affirme El Hadj Tahar Boulenouar, président de l'Association nationale des commerçants et artisans. Mourad, qui assure les transports alimentaires frigorifiques entre Oran et d'autres wilayas du pays, affirme être touché par les nouveaux prix et avoir «augmenté ses tarifs de 2000 à 5000 DA, tout dépend de la distance».Les prix des produits de large consommation flambentLes consommateurs subissent, depuis le début de l'année, des augmentations de 5 à 30 DA des prix de certains produits alimentaires de large consommation. A Alger, plusieurs supérettes affichent de nouveaux prix sur les yaourts, certaines boissons ou les fromages. D'après un commerçant à Bab El Oued, «les hausses des prix de ces produits s'expliquent par les augmentations pratiquées par les transporteurs et livreurs». Un constat que relève aussi El Hadj Tahar Boulenouar en invoquant «les nouveaux tarifs des transports.Il est normal que les prix des produits flambent sur le marché puisque les producteurs, distributeurs et importateurs ont déjà fixé de nouveaux prix. Par exemple, il faut savoir que certains producteurs algériens ont augmenté les prix en conséquence de la hausse que va connaître l'électricité, estimée entre 8% et 10%.» Et d'expliquer : «Avant d'être vendus au détail, la plupart des produits passent par de nombreux trajets. La marge du commerçant va automatiquement les répercuter sur le prix au détail.» Selon Boulenouar, les hausses des prix des produits alimentaires enregistrées en 2015 ? en moyenne entre 15% et 20% ? sont aussi le résultat de la dévaluation du dinar.


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