El-Oued - A la une

Ces jeunes qui cherchent à fuir...



Ces jeunes qui cherchent à fuir...
Rêver au milieu de cet ennui qui semble de venir un grondement d'impatience, de colère et d'émeute intérieure, n'est guère un pari facile pour nos jeunes! A mesure que le temps passe, les problèmes du pays se compliquent et ces derniers voient la lune de l'espoir, déjà en berne, en train de s'éclipser davantage. Dépassant les besoins ordinaires de la vie, l'envie de partir ailleurs se transforme alors en un cri de c?ur collectif, voire en impérieuse nécessité de respirer pour cette génération perdue. «Gui'toune fi Roma Khir min ga'âda fi l'houma» (vaut mieux s'installer dans une tente à Rome que de rester chômeur dans son quartier), aimerait-on répéter à Bab El-Oued.A quoi bon rester dans ce bled qui les rejette, les méprise,..., les humilie' A quoi bon perdre le temps à vouloir changer ce qui est, paraît-il, quasiment inchangeable' A quoi ça sert de se fatiguer à aller, comme dans la légende de Don Quichotte, à contre-courant des moulins à vent, lesquels sont dans notre cas, ces tentacules du fameux «Système»' L'harba (la fuite), tel est le nouveau credo de ces jeunes-là, les nôtres, qui assistent, incrédules et plongés dans des nuages d'incertitude, à des contradictions politiques qui vont crescendo et les rendent fous d'angoisse. Pas de trace à l'horizon d'une lumière qui réjouit les c?urs ni d'une once de lucidité à même d'éclairer leurs lanternes sur ce qui se passe à cette Algérie percluse, ne sachant guère se reconnaître dans la régression tous azimuts qui l'immobilise. Que dalle! De toute façon, les jeunes Algériens en ont marre d'entendre la voix de ces députés qui, après avoir somnolé pendant 5 ans sur leurs sièges à l'Assemblée nationale, attendent aujourd'hui, en fin de mandat, d'être récompensés par la collectivité en indemnités et avantages financiers. Et puis, comment peut-on être patients lorsqu'on entend encore ces bruits cacophoniques d'en haut qui grandissent ; ces rumeurs qui enflent et prennent par moments une intensité violente' Et compter miser sur ces partis d'opposition fragiles, désorganisés et en guéguerres permanentes, il y a loin de la coupe aux lèvres, vraiment ! Le brouillard devient de plus en plus indistinct, gris, méconnaissable.Où est l'issue quand on n'a plus personne pour nous comprendre, nous défendre, nous protéger, nous aider..., nous soutenir ' Pourquoi un jeune de 20 ans en Algérie craint-il déjà l'avenir' Pourquoi n'a-t-il pas le c?ur à l'ouvrage' Pourquoi est-il pessimiste et ne peut guère s'amuser, profiter de la vie, consommer ses jours dignement dans la chaleur du giron familial ' Il y a de quoi s'inquiéter quand mourir au large de la mer Méditerranée ou dans l'océan est, de loin, plus préférable pour un jeune Algérien à ce bercail où, hélas, certains se délectent à le mettre sur le gril. L'ingratitude de la société algérienne envers ses enfants harasse, épuise..., anéantit ! Livrés à eux-mêmes et enfermés dans la prison du silence, nos jeunes résistent en désespérés à cette épouvantable force qui s'entête à les écraser.
Le même phénomène existe aussi chez nos jeunes Marocains. Je demandes à ces états de soutenirs nos jeunes ou au moins leur donner leur libérté.
EL HADI AHMED - MARRAKECH, Maroc

10/12/2016 - 318483

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