Le mois de Ramadhan 2013, qui a connu une grande léthargie sur le front social et l'apathie de la classe politique, a vu s'accentuer et se perpétuer la stratégie du statu quo politique.Il est de notoriété publique que les vendeurs de kif et de psychotropes fleurissaient dans la rue et tous les coins et recoins du pays pendant la période de jeûne et au-delà. Les saisies de drogue opérées par les différents services durant ce mois de Ramadhan sont estimées à près de 21 tonnes de kif traité provenant bien entendu, du Maroc. Dans ce contexte, durant le premier semestre de l'année 2013, près de 78 tonnes de résine de cannabis ont été saisies, a révélé hier l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Onldt). Plus de 24 quintaux de kif traité ont été saisis, rien qu'au cours de ces dernières 24 heures, à El Oued. Ce mois est marqué aussi par la crise du carburant. Le sujet de la contrebande des hydrocarbures à nos frontières, vieux fléaux sévissant depuis des lustres, revenait avec insistance tout au long du mois considéré. 25% de la production d'hydrocarbures passent clandestinement vers les pays frontaliers, en somme, près de 1,5 milliard de litres d'essence sont exportés illégalement en dehors de nos frontières et l'Algérie perd un milliard de dollars annuellement, du fait de ce trafic. Des milliers de hallaba investissent la filière de la contrebande du carburant. Une contrebande, au demeurant régulière, structurée, organisée autour de véritables entreprises informelles, avec un parc automobile très fourni. Bref, il s'agit rien d'autre qu'un des aspects de cet informel qui gangrène l'économie algérienne. Les réseaux de complicité dans la filière qui va du hallaba en passant par le pompiste, le responsable de l'approvisionnement, jusqu'au services de sécurité a contribué à l'expansion de ce phénomène et la dynamique de ce marché de contrebande. Le Ramadhan n'adoucit pas les moeurs. Encore une fois, les accidents de la route ont enregistré une augmentation pendant le mois sacré de 2013. Environ 400 personnes ont trouvé la mort et des milliers d'autres blessées dans les accidents de la route survenus depuis le début dudit mois. Les routes algériennes sont des plus dangereuses dans le monde avec une moyenne de 12 morts par jour, selon des chiffres officiels. L'année dernière, l'hécatombe routière a fait 4447 morts et 69.141 blessés. Les principales causes de ces accidents sont l'excès de vitesse, les dépassements dangereux, le non-respect de la distance de sécurité, la négligence des piétons et les manoeuvres dangereuses. Lors du mois sacré marqué par une vie nocturne plus animée par rapport aux autres mois de l'année, les soirées sont demeurées des moments privilégiés partagés de manière conviviale en famille ou entre amis. Un programme varié a été décliné aux milliers d'Algériens amoureux de ces soirées sous forme de veillées, festivités, galas et concerts. Les endroits de ces veillées étaient aussi variés comme les salles, les kheïmas, et grands hôtels. Par ailleurs, pas de grande flambée durant ce Ramadhan qui a tiré sa révérence. Un mois qui n'a pas échappé pas à la traditionnelle hausse des prix, du moins pour la première semaine, n'a pas connu de pénuries ni de grosse flambée de produits de première nécessité. Pour autant, le budget des ménages n'a pas été épargné. La spéculation sur d'autres produits tels les habits de l'Aïd n'ont pas manqué de grever davantage les moyens et maigres bourses. La demande étant moindre par rapport à l'offre, les prix sont donc descendus. Mais la viande rouge reste toujours inaccessible. L'absence de flambée n'était pas sous de bons auspices sous lesquels s'est déroulé ce Ramadhan, puisque les vols et agressions ont également diminué. La violence terroriste s'est concentrée aux zones frontalières avec la Libye, la Tunisie et le Mali, mais a disparu complètement du nord du pays. Le fait saillant de ce mois reste l'action des non-jeûneurs où un tabou a été brisé sur la place Lounès-Matoub, au centre-ville de Tizi Ouzou. Ce défi pour la liberté de culte et de conscience a suscité le débat et provoqué des réactions émotionnelles des islamistes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed BOUFATAH
Source : www.lexpressiondz.com