Le changement de résidence des électeurs et, éventuellement, leur installation en force dans une localité avant une échéance électorale, peuvent influer négativement ou positivement sur les résultats du scrutin, selon l'opinion politique des nouveaux arrivés. Néanmoins, cette éventualité est minime, estiment les partis politiques et autres personnalités en lice pour les législatives du 10 ami prochain.
Ces derniers, que nous avons contactés, s'accordent à dire que les déménagements sont minimes et ne changent pas les résultats d'une wilaya pour autant. Ce qui fait mouche, par contre, chez les formations politiques, c'est le changement de résidence pour plusieurs citoyens issus de corps constitués et qui n'ont pas été radiés de leur première résidence.
Moussa Touati, président du Front national algérien (FNA) pense que le déménagement des Algériens en cinq ans est minime et ne peut jouer sur le résultat des législatives. Il se montrera aussi sceptique sur les intentions de vote des citoyens et ne croit pas qu'ils se dirigeront en masse vers les urnes et que déménagement ou pas, ça ne va pas changer grand-chose.
«Les Algériens n'iront pas voter, ils ont été déçus par les fausses promesses et ne comptent pas réitérer les mêmes déceptions», indique-t-il.
Par contre, pour le leader du FNA , ce qui pourrait peser sur les élections, ce sont les inscriptions en bloc des corps constitués dans certaines wilayas du pays sans au préalable avoir supprimé leurs noms des fichiers électoraux des anciennes résidences. «Les militaires vont avoir leurs noms doublement inscrits et leurs voix comptera doublement», explique-t-il. Selon, M. Touati, c'est la fraude qui pose problème pour les élections et non le déménagement des citoyens.
De son côté, le secrétaire général du Mouvement patriotique algérien (MPA) Amara Benyounès trouve qu'il n'y a aucun lien entre le changement de résidence et le vote des citoyens.
«Si un parti perd un électeur dans une wilaya, il en gagnera un autre venu d'une autre localité et inversement», estime-t-il. Le pourcentage de déménagement par an des Algériens est marginal ; ces derniers ne se déplacent pas par milliers pour que cela puisse influer considérablement sur les législatives, selon M. Benyounès.
«Ce n'est pas un exode important pour qu'on puisse se poser la question sur l'avantage pour un parti ou un autre», dira-t-il. Ce n'est pas tous les Algériens qui décident un beau matin de quitter leur région pour une autre, pour qu'on puisse parler d'impact sur les législatives, les partis craignent plutôt l'abstention.
Pour sa part, Kamel Mida, le chargé de communication du Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui fait partie de l'Alliance verte, trouve qu'il n'y a pas de région acquise pour une formation politique. «Il n'y a généralement pas de tendance à proprement parler pour un parti et on ne peut se prononcer qu'après le vote», déclare-t-il.
Il parlera toutefois du relogement de certains habitants de Bab El Oued à Birtouta, suite aux inondations de 2001, mais, pour lui, cela n'aura aucune influence sur le vote étant donné que les résultats se mesurent au niveau des wilayas et non des daïras. La seule fois où les déménagements ont joué sur le vote, c'était lors de déplacements importants des militants du FIS dissous vers la capitale et dont les votes ont favorisé le parti.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Cylia Lateb
Source : www.letempsdz.com