
Les producteurs de dattes de Ghardaïa ont insisté sur l'urgence de l'ouverture d'un centre de fumigation afin de traiter les palmiers de la région du Sud. Ils ont également plaidé pour la mise en place d'un organisme pour la gestion du secteur notamment en matière d'équipements. « La hantise de la majorité des producteurs de dattes dans les oasis de Ghardaïa est liée au manque d'engrais et produits chimiques et l'absence de matériel et de moyens de prévention et de lutte contre les maladies qui peuvent causer la perte des palmiers », a déploré Abderrahmane Houmache, producteur et exportateur de dattes. Pourtant, les variétés de dattes produites à Ghardaïa dont « Temjouhrt » et « Tezrereit » sont fortement demandées localement et commercialisées vers les grandes villes du pays. Ce producteur de la vallée du M'Zab s'est également orienté vers la transformation de dattes suite à la demande des consommateurs. « Le miel et le vinaigre de dattes sont très prisés. Le consommateur est devenu aujourd'hui exigeant, il préfère tout ce qui est naturel », a-t-il noté.Dans la région d'In Salah dans la wilaya de Tamanrasset, les producteurs cultivent 36 variétés de dattes dont l'« Agaz », première variété de datte à mûrir puisqu'elle est cueillie à la fin du mois de mai. « Agaz » est exportée vers la France. Quant à la variété « Tekerboucht », « elle est classée première dans le monde sur le plan nutritif, selon une étude récente », affirme Mohamed Betouiti, producteur de dattes à In Salah. Cette floraison dans la production a été portée par le dispositif de soutien aux producteurs. Seul hic : la récolte se fait toujours de manière artisanale en raison du manque de matériel et d'équipement.Les producteurs de dattes d'In Salah sont confrontés, ces dernières années, à une baisse sensible de leurs exportations vers le Mali et le Niger. L'exportation de dattes sèches a chuté suite à la dégradation de la situation sécuritaire dans ces deux pays mais aussi à la hausse des prix. « Cette variété est généralement stockée pour être ensuite vendue plus chère au mois de Ramadhan », affirme Mohamed Betouiti, producteur de dattes à In Salah.A Touggourt dans la wilaya de Ouargla, des exposants au Salon relèvent la faible production des différentes variétés de dattes. « La région de Touggourt compte 35 variétés dont « Ghers » et « Tantaboucht » qui sont très prisées mais la production est limitée », a souligné un agriculteur, en évoquant les difficultés pour l'exportation, le manque de matériel et d'équipement destinés à la transformation des dattes en miel, en farine ou en vinaigre. Des produits très demandés par les consommateurs algériens et même étrangers.Le stand du chercheur Omar Khenaoui de la wilaya de Constantine attire de nombreux visiteurs. Et pour cause, il y expose des produits bio extraits des noyaux de dattes : huile pour tous types de cheveux, crèmes du visage, shampoing et des produits de consommation tel le café mélangé à de la menthe. L'exposant a présenté, à l'occasion, un savon de dattes. « Il s'agit du bio cosmétique. Je suis le premier transformateur scientifique de dattes dans le monde, je le confirme. Je suis dans le domaine depuis près de cinq ans mais malheureusement on est confronté à des difficultés telles que l'absence de certification des produits par les ministères de la Santé et du Commerce », souligne Khenaoui.« Tébessa est une ville frontalière avec Oued Souf, connue pour la production de dattes de qualité et variée. L'objectif de notre participation est d'unifier les démarches et de restructurer le marché des dattes mais aussi de faire connaître la richesse de notre patrimoine. Beaucoup de gens ignorent que Tébessa produit des dattes et de l'huile d'olive et a des opportunités d'exportation », souligne Mohamed Ayoub, producteur.Dans la région de Oued Souf au sud-est du pays, les producteurs de dattes font aujourd'hui face à la concurrence de la pomme de terre. Parmi les exposants d'El Oued, Lazhar Zergui, cogérant d'une société familiale d'investissement dans les palmiers et les oliviers. « On possède 2.400 palmiers et 6.000 oliviers. L'oasis est située à près de 20 km de la frontière algéro-tunisienne, à Taleb Larbi. On produit également de l'huile d'olive qui est très prisée », a-t-il signalé. Mais ces deux activités font face à la « concurrence » de la pomme de terre soufie. « Le nombre de champs de pomme de terre dépasse largement celui des palmeraies connues chez nous sous l'appellation de ghouts », a-t-il souligné. L'agriculteur a également évoqué le manque de main-d'?uvre notamment les grimpeurs de palmiers et les agriculteurs. « Il n'y a pas de relève », a-t-il déploré. Mais cela n'a pas empêché cette société d'ouvrir un bureau en Chine pour l'exportation de dattes. A cette occasion, Zergui a rappelé que l'exportation des dattes est soumise à des conditions notamment climatiques. « Il faut savoir choisir les produits qui résistent à un long voyage en mer afin qu'ils conservent leur qualité et leur goût », a-t-il expliqué.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Horizons
Source : www.horizons-dz.com