Deux ou trois semaines après la catastrophe survenue à l'hôpital d'El Oued qui a vu le décès tragique de huit nouveau-nés, les services de la protection civile ont lancé une vaste opération de contrôle qui a touché tous les hôpitaux afin de prévenir tout accident du même genre, surtout en ce qui concerne le côté branchements électriques. Il faut dire que c'est un travail ardu que doivent effectuer les agents de la protection civile car une simple visite dans les hôpitaux nous renseigne sur l'état de déliquescence auquel sont arrivées ces structures synonymes avant tout de santé et de bien-être. Même dans les hôpitaux et polycliniques nouvellement réceptionnés, les branchements électriques constituent un danger autant pour les malades que pour les employés car, même si contrôle des réalisations il y a, il est si mal fait que les imperfections criardes sont visibles à l'?il nu. Les prises, quand elles existent, sont sortis de leurs socles et pendent, fils découverts, à portée des enfants et des adultes, les lampes sont presque toutes grillées, les appareils électriques sont reliés au courant par des fils dénudés car les fiches ont été volées ou détruites par des manipulations, pour le moins qu'on puisse dire, sont maladroites.Quant aux structures anciennes, le mal est pire car l'usure a atteint toutes les installations électriques qui ont besoin donc d'être refaites mais les fils pendent souvent lamentablement en attendant une hypothétique intervention des responsables, mais… Pourtant, dans la majorité des hôpitaux existe un service moyens généraux qui est chargé des réparations, de l'entretien, du remplacement des lampes et accessoires sans que ce travail ne soit effectué. Nous nous sommes rapprochés d'un hôpital situé dans une wilaya du centre où nous avons constaté ce genre de manquement et où des agents de la protection civile étaient passés pour un contrôle poussé des installations électriques. De nombreuses carences ont été constatées et portées à la connaissance du directeur de l'hôpital qui a sommé les responsables concernés d'y remédier. Durant nos recherches sur le fait d'avoir attendu que des personnes soient décédées, que des responsables aient été arrêtés et que la protection civile soit passée pour relever les carences et, enfin, se mettre en mouvement pour effectuer les réparations nécessaires, nous avons appris que les directeurs ont, pour la plupart, les mains liées car ils ne peuvent sévir contre les ouvriers, qu'ils ne peuvent licencier pour faute grave avérée pour la simple raison qu'ils ne peuvent pas les remplacer. Il y a aussi les malades eux-mêmes, ainsi que les employés, qui ne prennent aucune précaution quand ils utilisent le matériel, ce qui le détériore aussitôt remplacé, sans parler des vols répétés de lampes, de prises, de fiches et de tout ce qui peut être emporté par les employés et, parfois, les malades. C'est une restructuration complète et une révision de nombreuses pratiques qui doivent être effectuées afin de rendre nos hôpitaux non seulement plus humains, mais beaucoup plus sûrs que ce qu'ils sont aujourd'hui car il y va de la vie humaine qui n'a aucun prix.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tahar Mansour
Source : www.lequotidien-oran.com