
[email protected]/* */Fracture des os du nez, incisive cassée, important hématome au niveau de la lèvre supérieure. Des blessures dont a été victime Lina, suite à une chute dans la cour du collège. Cela pourrait arriver à n'importe quel élève et dans n'importe quel établissement, penserait-on. Mais ce qui s'est passé dans l'école Ali-Amari de Bab-El-Oued nous interpelle à plus d'un titre.Lina s'est rendue dans son institution un samedi pour une séance d'éducation physique, qui, en fait, ne figure pas dans son emploi du temps, le sport étant programmé le mercredi après-midi. «C'est en fait le professeur qui a fait venir les élèves en ce jour de repos en leur précisant qu'ils avaient tout intérêt à être présents car la matière était notée», nous précisera son père. Vous imaginez aisément que les collégiens de deuxième année ne pouvaient que se plier à cette exigence, malgré les rouspétances des parents. Ce jour-là , raconte le papa, Lina se rendra à l'établissement et commencera les échauffements, quand soudain, elle fut prise d'étourdissements. Elle en fera part à son éducateur qui ne s'en inquiétera pas outre mesure et lui demandera de continuer quand même. Mais voilà qu'elle perdra connaissance et tombera de toute sa hauteur la face sur le sol. Le professeur n'a pas jugé utile d'appeler les secours dans pareille situation.Il l'aidera à se relever, lui donnera quelques tapes sur la joue et lui demandera d'appeler son oncle. Ce dernier l'évacuera seul dans son propre véhicule au centre hospitalier universitaire de Bab-El-Oued.«C'est mon beau-frère, qui m'en informera. Nous étions effondrés, sa mère et moi, lorsque nous avons vu notre fille dans cet état. Elle était traumatisée.» Abattus, ils ne purent que constater les dégâts. Quant au professeur, nous explique le père, silence radio. Il ne s'inquiétera pas outre mesure de l'état de santé de Lina. «Cela s'est passé le 27 novembre ; à ce jour, ni lui, ni le directeur, ni aucun responsable de l'académie ne se sont manifestés. Ma fille se retrouve avec une double fracture du nez, une incisive cassée, le visage déformé, et c'est un non-évènement pour nos éducateurs. Il est inadmissible qu'une enfant de douze ans soit victime d'un accident aussi grave et que les responsables de l'école s'en lavent les mains. Ce même professeur fait venir les élèves un jour de congé, et ne fait preuve d'aucune prévoyance en cas d'accident. Pour peu que Lina soit tombée sur la tête que ça aurait pu lui être fatal.»Les parents, révoltés par tant d'irresponsabilité, décident de porter haut leur voix, afin que jamais plus le droit à la protection et à la sécurité d'un enfant ne soit bafoué. C'est d'abord la ministre de l'Education qui fut saisie par écrit, afin de faire la lumière sur une telle négligence et situer les responsabilités de chacun, puis la justice.Un certificat de constatation de coups et blessures faisant foi. Cela nous rappelle cette élève, âgée de moins de douze ans, qui, le premier jour de l'école, a trouvé la mort, percutée par un véhicule parce que ce jour-là les responsables du CEM ont libéré les élèves avant l'heure. Ne pouvant attendre son père deux heures dans la rue, elle a préféré rentrer chez elle.A notre époque, même les lycéens n'étaient pas libérés lorsqu'un enseignant venait à s'absenter. Des élèves continuent à être ignorés, se faire taper sur les doigts, se faire humilier, en l'absence d'organisations spécifiques libres et dynamiques. On ne sait si c'est par lâcheté ou mauvais calculs, en tout cas ce sont des situations qui encouragent ces maltraitances.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Naé Ì„ma Yachir
Source : www.lesoirdalgerie.com