
Les annonces portant sur les mégaprojets prévus au Sud du pays remettent sur le tapis le débat sur la gestion des ressources hydriques dans une période où les besoins en ressources en eau sont de plus en plus importants et où l'impact du dérèglement climatique se fait de plus en plus ressentir, notamment au Sud.Une région qui contribue fortement à l'amélioration de la production agricole nationale (par exemple, 40% des besoins en pomme de terre proviennent d'El Oued), mais qui risque de connaître une diminution drastique de ses ressources en eaux souterraines. Certes, ces dernières sont beaucoup plus importantes par rapport au Nord du pays, mais l'augmentation prévisible de la superficie des terres irriguées en Algérie avec tous les projets en perspective pose justement cette problématique de préservation des eaux souterraines.Car ces réserves ne sont cependant que très peu renouvelables. Selon certaines études, les signes d'épuisement (en raison de la surexploitation) se font déjà ressentir dans certaines régions des Hauts-Plateaux avec la succession des épisodes de sécheresse et de pénurie d'eau. Mais aussi en l'absence d'un système de gestion efficient, comme le montre la multiplication des puits et forages sans étude d'impact à long terme. «La surexploitation des eaux souterraines par la prolifération des forages entraîne le tarissement de la plupart des foggaras de la région», a d'ailleurs conclu dans ce cadre une étude de l'Observatoire et du Sahel sur la valorisation de l'eau dans une étude menée en 2014 en Algérie, en Tunisie et en Libye auprès de 3000 agriculteurs ayant recours à l'irrigation dont 2130 en Algérie dans quatre zones (Biskra, El Oued, Ouargla, Adrar). Une situation qui risque d'avoir de lourdes conséquences sur la ph?niciculture puisque ces foggaras servent essentiellement à irriguer les palmiers et les cultures vivrières associées (arboriculture, fourrages, céréales, maraîchage). Cela pour dire que le recours excessif aux eaux souterraines pour l'irrigation avec la multiplication des projets pose question. Ce qui suscite des interrogations sur l'option de l'agriculture saharienne (en l'absence de stratégie) pour laquelle plaident les pouvoirs publics depuis quelques années.Car il s'agit avant tout, comme le souligne l'organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), de promouvoir une agriculture durable en prenant en considération la problématique de la pénurie d'eau, principal défi affectant la production agricole dans la région Moyen-Orient ? Afrique du Nord (MENA). La première édition de l'aperçu régional de l'insécurité alimentaire dans la région MENA, publié la semaine dernière, souligne en effet - en se basant sur les données collectées dans le cadre de l'Initiative régionale de la FAO sur la raréfaction des ressources en eau dans la région -, la nécessité de développer et de mettre en ?uvre des stratégies favorisant une gestion durable des ressources en eau. Et ce, de façon à s'adapter aux effets du changement climatique dans le domaine de l'eau et de l'agriculture. Mais surtout de renforcer la productivité de l'eau à usage agricole dans cette région. La FAO a d'ailleurs plaidé dans ce cadre pour une gestion durable des eaux souterraines. Un chapitre où tout est à faire en Algérie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Imadalou
Source : www.elwatan.com