Comme chaque année en cette période de Ramadhan, le citoyen fait le même constat de l'inconsistance des mécanismes de régulation et de contrôle.Dès le début du Ramadhan, la mercuriale avait amorcé son habituelle courbe ascendante, mettant à mal la bourse déjà fortement éprouvée du citoyen. Selon les responsables du secteur du commerce et des organisations des commerçants, les choses devaient revenir à la normale au bout de quelques jours. D'ailleurs, le ministre du Commerce, Saïd Djellab, rassurait les consommateurs quant à la disponibilité des produits prisés durant le mois de Ramadhan à des prix "raisonnables".
Au dixième jour du Ramadhan, nous avons sillonné quelques marchés de la capitale afin de prendre le pouls de la mercuriale. Le constat est sans appel : il n'y a point de baisse des prix des produits agricoles frais. Contrairement aux promesses des autorités centrales, les prix se sont maintenus à des sommets, faisant superbement fi des prix de référence établis par le ministère. Ainsi, la tomate, cotée par le ministère du Commerce à 60 DA, a été cédée au double de ce prix (120 DA), atteignant même les 160 DA au marché Ali-Mellah. Idem pour l'oignon cédé entre 100 DA et 150 DA au lieu de 80 DA, le prix de référence. La pomme de terre se fait, elle aussi, désirer puisqu'elle est cédée entre 55 et 65 DA, selon le lieu et la qualité. La laitue cotée par le ministère à 70 DA est échangée contre 100 et 120 DA. Pour avoir de la carotte ou de la courgette, il faut débourser entre 60 et 100 DA, cela pour les légumes les plus prisés. Le poivron et le piment sont vendus entre 100 et 120 DA. Le citron, très apprécié en cette période de jeûne, n'est pas accessible en dessous de 180 DA. Même constat pour la datte avec un prix moyen de 400 DA. Concernant les fruits, la banane, plafonnée à 250 DA, est cédée 50 DA plus cher, la pomme est vendue entre 500 et 650 DA, voire 700 DA pour la pomme rouge. La fraise, dont c'est la saison, ne déroge pas à la règle non plus et se négocie entre 250 et 300 DA le kg, contre 120 DA auparavant, à savoir quelques jours avant le Ramadhan. La pastèque est cédée entre 100 et 150 DA et le melon autour de 150 DA. Sur les étals du marché Ali-Mellah, on peut même trouver de la cerise proposée entre 1 300 DA et 1 800 DA.
Les commerçants semblent avoir accordé leurs violons. Les prix sont les mêmes partout. Que ce soit à Ali-Mellah, Clauzel ou au marché Saïd-Touati de Bab El-Oued, la différence des prix n'excède pas les quelques dinars. Pour leur part, des consommateurs rencontrés sur place ont été unanimes pour dire que les commerçants ne respectent pas les prix de référence au niveau des marchés de détail et que ces derniers n'obéissent qu'à l'appât du gain. Certains commerçants ont essayé d'expliquer cette hausse des prix par le non-respect des prix référentiels fixés aux marchés de gros, ce qui les a contraints à augmenter les prix à leur tour. Comme chaque année en cette période de Ramadhan, le citoyen fait le même constat de l'inconsistance des mécanismes de régulation et de contrôle dans notre pays.Le citoyen prend la mesure de l'impuissance du gouvernement face aux pratiques maffieuses. Surtout que d'année en année, ce sont les mêmes recettes prodiguées par les pouvoirs publics. Des recettes faites de déclarations publiques et de circulaires sans aucun impact sur la problématique.
Saïd Smati
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Smati Saïd
Source : www.liberte-algerie.com