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Un festival de théâtre de rue à Miliana au printemps prochain



Un festival de théâtre de rue à Miliana au printemps prochain
La ville de Miliana, cité d'art et de culture, arbitrera en mars 2016 la première édition du Festival national de théâtre de rue. L'initiative revient à Sid Ahmed Kara Hassan, metteur en scène, formateur en arts dramatiques, qui défend ce projet depuis 2006.«Nous souhaitons que les troupes se préparent à cette manifestation. Nous projetons d'inviter une ou deux troupes européennes pour que le public et les professionnels voient ce qu'elles font, les techniques qu'elles utilisent. En Algérie, nous avons l'expérience de Rabie Guechi du théâtre Taj de Bordj Bou Arréridj. Une bonne expérience», a précisé Sid Ahmed Kara Hassan, rencontré lors du 48e Festival national du théâtre amateur de Mostaganem organisé du 27 août et 2 septembre 2015.Le théâtre de rue se déroule habituellement en dehors de la scène à l'italienne (salle d'intérieur), autrement dit, dans une place publique, dans un jardin public, dans une plage, autour d'une piscine, dans une forêt, dans un marché... Le théâtre de rue est différent du théâtre de boulevard qui est une forme de divertissement grand public. «Certaines personnes confondent théâtre de rue et théâtre de la rue.Et du coup, elles développent des préjugés. Je me dis qu'il faut relancer le théâtre de rue comme forme de remède, une solution pour faire revenir le public dans les salles. Même si le théâtre de rue se déroule dans un espace non conventionnel, cela peut intéresser le public. Les troupes doivent monter des spectacles adaptés à cette forme d'expression théâtrale», a-t-il affirmé. Les organisateurs du festival prévoient d'attribuer un grand prix pour la meilleure troupe. «Cela va, à mon sens, encourager les troupes à s'intéresser davantage à cette forme de théâtre, du moins dans la phase actuelle.Nous allons faire en sorte que le festival se prenne en charge en exploitant au mieux les espaces non conventionnels. Autour des lieux de spectacles, il est possible d'organiser une petite activité commerciale, comme cela se fait ailleurs, dans d'autres pays», a souligné Sid Ahmed Kara Hassan. Il a évoqué certaines traditions à Miliana, comme le Rkeb Beni Farh autour du mausolée Sid Ahmed Benyoucef, le saint patron de la ville. «Les gens viennent de partout, parfois à pied.Il y a des troubadours, des gouals, des médahs. C'est une forme de pré-théâtre. Nous avons des espaces à Miliana où les gouals se réunissaient lorsqu'ils venaient pour la ziara de Sidi Ahmed Benyoucef. Même el hadra se déroulait dans la rue. Les familles préparaient les repas pour tous les invités. Cette tradition a presque disparu après la décennie noire, mais le Rkeb est toujours organisé le mois de mars de chaque année. C'est la raison pour laquelle nous avons choisi l'organisation du festival durant cette période, avant ou après le Rkeb. Nous pouvons faire appel aux gouals et aux médahs qui vont évoluer avec les troupes de théâtre», a-t-il noté.ComplicitéLe Rkeb de Miliana ou d'El Bayadh, Chaib Achoura de Batna ou la Sbiba de Djanet sont considérés comme des spectacles de rue proches du théâtre dans sa forme première. Sid Ahmed Kara Hassan a estimé qu'il faut exploiter cet héritage populaire pour lancer un Festival national de théâtre de rue.Selon lui, les autres festivals, comme celui de Mostagnem ou d'Alger, doivent laisser un espace pour le théâtre de rue. Une manière d'obliger les comédiens à perfectionner davantage leur jeu dans la mesure où ils évoluent dans un espace ouvert avec un public qui peut être incontrôlable. «Cela nécessite une bonne formation. Et, en plus, le contact du comédien avec les spectateurs est plus facile. Il n'y a plus de surface qui sépare le comédien du public. Actuellement dans le monde, les troupes font des recherches. Elles ne travaillent que sur la thématique sans texte. Il y a beaucoup d'improvisation.Cela crée une certaine complicité entre les comédiens et le public», a-t-il souligné. Il a relevé que certaines troupes algériennes sont prises par le désir de jouer dans un espace ouvert mais sont souvent bloquées par la nécessité d'avoir des autorisations de l'administration. «J'estime que le prochain Festival de Miliana va ouvrir une brèche à toutes ces troupes pour revenir à leur travail de création, retrouver le public», a-t-il indiqué.


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