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Le marché des viandes croule sous l'anarchie EN ATTENDANT LA REORGANISATION DE LA FILIÈRE



Le marché des viandes croule sous l'anarchie                                    EN ATTENDANT LA REORGANISATION DE LA FILIÈRE
Photo : Riad
Par Bahia Aliouche
La viande demeure hors de portée de la majorité des Algériens. Ses prix ne cessent d'augmenter jusqu'à atteindre des pics vertigineux, notamment, durant le Ramadhan, une période de forte consommation. Les prix des viandes ovines ont frôlé, en ce mois sacré, les 1 200 voire 1 400 DA/kg, alors que ceux des viandes bovines oscillent entre 700 et 1200 DA. Les viandes blanches, notamment le poulet, ont, de même, vu leurs prix portés à la hausse, avoisinant ainsi les 400 DA/kg. Les citoyens qui voient leur pouvoir d'achat s'affaiblir de jour en jour, se privent ainsi de la viande en se rabattant sur d'autres éléments riches en protéines et plus accessibles. Imputant l'envolée des prix des denrées alimentaires, dont la viande, aux comportements spéculatifs de certains commerçants, le gouvernement, n'a donc trouvé mieux que de recourir, depuis 2006, à l'importation de la viande congelée, pour réguler le marché. Une mesure qui n'a pratiquement pas changé la donne puisque le scénario de l'envolée des prix de la quasi-totalité des produits agricoles est resté identique par rapport aux années précédentes. L'expérience a fini par montrer ses limites puisque l'écart entre les prix des viandes congelées importées et ceux produits localement reste faible. Même, la viande en provenance d'Inde n'a pas trouvé preneur. Ce qui n'a pas fait changer sa démarche au gouvernement qui a importé ce premier semestre 2012 pour 115,4 millions de dollars. Un chiffre en hausse de 42,3% par rapport à la même période de l'année 2012, durant laquelle les importations s'étaient chiffrées à 81 millions de dollars.

Où réside la faille'
Selon un rapport d'évaluation de la filière viandes en Algérie «le marché de la viande rouge est archaïque, anarchique et spéculatif».
Les problèmes de la commercialisation du cheptel vif, de son abattage, de sa transformation en viande, de son stockage et de sa distribution ont, selon le même document, freiné le développement de la filière viandes. Et pour mettre fin à ces dysfonctionnements et par ricochet juguler les prix des viandes à moyen terme, les pouvoirs publics ont décidé de réorganiser en amont et en aval cette filière.
C'est dans cette optique que le ministère de tutelle a décidé de réaliser des complexes modernes dotés de toutes les activités à vocation de distribution grand public. Cette vision futuriste qui permet d'encadrer la profession, est née en 2008 avec la création d'une SPA, Alviar qui dépend du groupe SGProda, opérationnelle depuis mars 2010. Les pouvoirs publics comptent ainsi réaliser trois abattoirs, cinq complexes frigorifiques pour la collecte des produits agricoles, des bases logistiques et des complexes d'entreposage.S'étalant sur une superficie de 10 à 15 ha, les complexes devraient entrer en production en 2014 et auront pour mission l'«absorption du surplus de production et la sécurisation des éleveurs». Les trois complexes d'abattage, prévus à Bouketeb (El-Bayadh), Hassi Bahbah (Djelfa) et Aïn M'lila, comptent pour chacun une chaîne d'abattage mixte ovine et bovine, des entrepôts frigorifiques, des tunnels de congélation, des ateliers de transformation, des bâtiments de servitude et des aires de stabilisation. Les trois complexes auront des relais au Nord à travers trois «Centrales viandes», dont une de capacité 30 000 m3 à Skikda, une à Mostaganem et une autre au Centre. Ces centrales auront pour vocation «la réception du produit des Hauts-Plateaux, le conditionnement et la distribution au grand public». La réhabilitation de dix-huit entrepôts frigorifiques figure aussi dans le programme de réorganisation de la filière viandes. Laquelle réhabilitation permettra d'augmenter les capacités de froid à un million de m3. Dans l'attente de voir, en 2014, ce programme se concrétiser, l'envolée des prix de la viande, voire même de la quasi-totalité des denrées alimentaires, continuera à régner en maître dans un marché «archaïque», «anarchique» et «spéculatif», tel que décrit par le rapport sus-mentionné, laissant ainsi place à la dégringolade du pouvoir d'achat des citoyens et à l'accroissement du taux d'inflation.
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