Il ne neige plus, c'est d'ailleurs formel chez les gars de la météo. Il continuera de faire froid sans pour autant qu'il y ait de la neige du moins partout en Algérie. Il neigera probablement sur les hauteurs, comme à l'accoutumée. Mais avant de dresser les premiers bilans, il y a lieu de rappeler que nous sommes en pleine saison hivernale.
Un hiver non vécu de mémoire vive humaine certes mais pas au point qu'il soit rigoureux et mortel comme c'est le cas du continent européen. En Algérie, il y a plus de morts suite aux accidents de la route que par hypothermie pour la même période. Il y a aussi des morts asphyxiés suite à l'inhalation du monoxyde de carbone. C'est l'erreur humaine et le non- respect des consignes de sécurité en particulier les voies d'évacuation des gaz brûlés qui en sont la cause. Comme cet homme à Charef (wilaya de Djelfa) qui est décédé la nuit où il a installé le radiateur neuf et l'a mis en marche sans pour autant installer le tube de dégagement des gaz brûlés. Si l'on évoque avec autant de franchise les conditions dans lesquelles sont décédés nos concitoyens, ce n'est pas pour faire dégager les responsabilités des uns et des autres. Nous prions le Tout- Puisant pour qu'il les accueille en son Vaste Paradis. Ce qui n'est pas normal, c'est ce comportement qui a été façonné par les années de sécheresse et qui fait que l'on soit surpris par un enneigement que l'on déterminera comme tempête catastrophique alors qu'il est tout à fait normal et saisonnier. Quel est le nombre de chasse-neige parqués dans les parcs des communes montagneuses touchées par la neige et qui n'ont pas été soit mobilisés, soit utilisés ' Quelle a été la part de responsabilité des entreprises privées et publiques dotées d'engins pouvant suppléer les chasse-neige et qui ne l'ont pas fait et un pourquoi elles n'ont pas été réquisitionnées. Enfin, ce sont là les responsabilités de chacun des responsables à son niveau qui doivent être déterminées. Ce qui est positif et qui fait mal aux spéculateurs de ceux qui ont acheté la pomme de terre sur pied et l'on laissé en «stock sous terre» comme durant les années de sécheresse. Pour la déterrer durant les périodes de soudure et spéculer sur les prix. Ces quantités ne seront pas ou presque pas comestibles car elles seront gercées ou excessivement grossies par les eaux de ruissellement de neige ou de pluie. Ces neiges et pluies sont salutaires et pleines d'espoir pour d'abord les céréaliculteurs qui ont cru aux signes précurseurs du 24 août où les pluies de cette période annonciatrices de la bonne saison n'ont pas été démenties par le calendrier agricole amazigh «el kherfia». Ils ont cru et ils ont semé le grain. Cette année, dans les régions de Naâma et d'El Bayadh ainsi qu'à Abadla et Oued En Namous, zones de stationnement des éleveurs, ne se sont pas désemplis en été. Il n'y a pas eu de transhumance d'été et d'hiver. Les pâturages sont encore gras. Ces pluies et ces neiges vont régénérer les espaces et revigorer les végétations nécessaires aux pâturages des ovins. L'année 2012 ne sera que faste pour les éleveurs qui ont la difficile tâche de reconstituer les cheptels. Pour les arboriculteurs, le mois de janvier chaud leur avait fait presque perdre espoir car les arbres commençaient à sortir de la dormance hivernale. Cette neige et ce froid de février ont rééquilibré le cycle biologique des arbres. Ils ne se réveilleront qu'en mars pour donner de meilleurs fruits. Pour ce qui est des nappes hydrologiques, elles sont en train de se combler car la fonte des neiges est lente, l'eau a tout le temps de s'infiltrer et de venir s'ajouter et gonfler les faibles quantités de stocks d'eau dans les nappes surtout phréatiques en certains endroits surtout ceux de la steppe centre. Les mares réalisées par les conservations des forêts et celles du HCDS regorgent déjà d'eaux presque limpides car elles sont venues se stocker en ruisselant et non en courants torrentiels des pluies diluviennes charriant la vases et le tout-venant. Demain ne sera que meilleur si l'on garde l'espoir et que l'on entretienne les démarches techniques de renforcement des possibilités d'une meilleure production. Car ceux qui produisent plus, gagnent plus. Le proverbe algérien dit que «les tempêtes prennent leur tribut mais ramènent l'espoir».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djilali Harfouche
Source : www.lnr-dz.com