A l'instar d'un grand nombre d'athlètes algériens pétris de qualités et talentueux et qui n'ont pas pu émerger dans les années soixante-dix, où le sport était considéré comme un simple divertissement, voire un amusement, et les moyens matériels, humains et financiers étaient limités, Hachemi Mokhtar, âgé actuellement de 67 ans, était en 1967 un véritable champion en athlétisme.«J'étais en première année dans un collège d'enseignement technique et c'est Si Ahmed Bakhtaoui qui m'a déniché et s'est occupé de moi. Il faisait ce qu'il pouvait, mais il était limité, j'étais premier dans toutes les courses (vitesse 60 m, demi-fond 1500 m et fond 5000 m) dans la wilaya.
A l'époque, El Bayadh, Aïn Sefra et Mecheria étaient des daïras de la wilaya de Saïda. Il y avait Belahya, actuellement à l'étranger, et Rahai Lakhdar, qui couraient avec moi. J'étais encore excellent au triple saut et mon entraîneur était tout content de sa surprenante découverte.
Lors du regroupement régional d'athlétisme à El Bayadh, nous avons séjourné dans cette daïra durant deux jours dans des conditions déplorables, on était hébergés dans des dortoirs d'un CEM et les repas étaient une maigre pitance. Je me suis admirablement distingué en glanant la première place au demi-fond et au fond.
Pour le 5000 m, j'ai devancé le second de plusieurs mètres». Selon notre interlocuteur, les responsables de la wilaya déconsidéraient la valeur du sport en général et éprouvaient à notre égard de l'indifférence, voire du mépris. Il estime qu'il aurait pu endosser une grande carrière d'athlétisme s'il était sérieusement pris en charge et participer, pourquoi pas, à des rencontres internationales.
Contacté pour aller dans un centre spécialisé en athlétisme afin de se perfectionner, Hachemi dut renoncer, confronté à un douloureux choix : abandonner son père, un grabataire malade, et tenter l'aventure, ou satisfaire son père pour avoir droit à sa bénédiction.
Finalement, il s'occupa de son père et abandonna l'athlétisme. Hachemi a ensuite accompli son service national et c'est là qu'il apprit les rudiments de la plongée sous-marine, après une formation accélérée, la natation ne lui pose pas de problèmes car c'était un excellent nageur.
Et de conclure : «Quand je me rappelle des véritables compétences, qualités que j'avais, j'aurais pu réussir si les responsables du sport avaient fait quelque chose pour moi et pour tous les sportifs négligés et marginalisés. Méconnaître la valeur du sport pour les représentants du sport à l'échelle nationale ou locale n'augure rien de bon».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sid Ahmed
Source : www.elwatan.com