La saison agricole qui tire à sa fin n'a pas été du tout une sinécure pour les éleveurs ou petits fellahs de la région qui se trouvent pour la majorité d'entre eux dans le creux de la vague, du fait d'un taux de pluviométrie des plus insignifiants enregistré depuis le début de l'automne. Des milliers d'hectares de champs seront, nous dit-on, livrés au bétail durant la période de transhumance des troupeaux de moutons et un tapis végétal réduit à sa plus simple expression pour les éleveurs. Le prix du sac d'orge ou de maïs concassé, mélangé parfois avec des produits douteux, dépasse l'entendement, soit plus de 3.800 DA l'unité. Et si l'on y ajoute les contraintes dues au confinement partiel, l'on saura qu'il est difficile pour ces agriculteurs de voir le bout du tunnel. La sécheresse a donné le coup de grâce à des parcours déshydratés improductifs, mettant en péril une végétation squelettique ensevelie sous les dunes de sable et de tuf. De riches terres agricoles du sud de la wilaya ont été prises d'assaut ces derniers mois par des centaines de jeunes téméraires très entreprenants et déterminés. Cette ruée sans précédent des jeunes tentés par le maraîchage dans le Sud augurait d'une nouvelle ère, celle d'une véritable prise de conscience des jeunes qui ont opté pour une activité plus prometteuse dans la mesure où toutes les conditions de travail de la terre soient réunies, à savoir le forage de puits, l'électrification de leurs périmètres agricoles. Mais ils ont, dès leur installation, vite fait de déchanter notamment dans le sud des communes de Brézina, d'El-Bnoud, de Boussemghoun, d'Arbaouert et dans les plaines des monts des Ksours, car le travail de la terre nécessite une mécanisation, ce qui est loin d'être le cas en raison des faibles moyens financiers. L'épineux problème de la fourniture de l'énergie électrique pour les forages reste entier et insoluble jusqu'à ce jour.Une production record attendue de pomme de terre et d'autres produits maraîchers et fruitiers a été détruite par manque d'irrigation dans la région d'El-Bnoud et le peu qui a survécu à la sécheresse a été bradé par manque de hangars de stockage frigorifique. Pas moins de 400 petits fellahs ont vécu une expérience cauchemardesque cette saison qu'ils n'oublieront pas de si tôt, dépensant chaque semaine pas moins de 12.000 DA de frais de carburant pour faire fonctionner les moteurs et pompes. A signaler que pas moins d'une quinzaine d'entrepôts frigorifiques réservés aux produits agricoles de toute la wilaya , achevés et réceptionnés depuis plus d'une décennie dans la région de Stitten, n'ont pas été raccordés au réseau électrique rural.
Electrification rurale, raccordements de leurs exploitations agricoles au réseau électrique pour faire fonctionner les pompes d'irrigation, équipements en moyens d'irrigation, réalisation de retenues des eaux de pluie, sont autant de thèmes qui reviennent sur les lèvres de ces travailleurs de la terre des zones d'ombre, marginalisés et nourris de temps à autre par des promesses sans lendemain.
La wilaya d'El-Bayadh, avec sa double vocation agro-pastorale, peut assurer toute seule son autosuffisance alimentaire, et mieux encore, destiner les excédents de ses produits maraîchers, fruitiers et viandes rouges au reste du territoire de l'ouest, pour peu que les bonnes volontés se manifestent sur le terrain en accordant un intérêt particulier aux populations des zones profondément enclavées et surtout en aidant ces milliers de jeunes qui se sont résolument tournés vers le travail de la terre dans cette région du sud. Pour l'heure, la balle est dans le camp des élus et autorités locales de la wilaya afin de sortir cette région de sa torpeur habituelle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hadj Mostefaoui
Source : www.lequotidien-oran.com