La vulgarisation des nouvelles techniques de production agricole et pastorale vient d'être passée au peigne fin lors d'une rencontre tenue sous la coupole de la maison de la culture par la direction des Services agricoles de la wilaya. Elle a regroupé, outre les responsables du HCDS, de l'ANA, de la conservation des forêts et enfin ceux de la chambre d'agriculture, plus d'une centaine d'exploitants agricoles entre petits fellahs, éleveurs, oléiculteurs et apiculteurs.
Une présence et une participation très remarquées de ces différents acteurs du monde rural qui ont tenu à exposer les produits du terroir. Pas moins de quatre professeurs d'université, spécialistes en agronomie, ont abordé tour à tour, à travers des communications, le même thème mais sous des aspects différents face à un parterre de petits fellahs et de jeunes étudiants. Les responsables des autres secteurs ont présenté les activités et les projets de développement rural achevés ou en voie de l'être.
Le clou de cette rencontre a été la présentation au public des produits du terroir et la surprise a été de taille chez les participants. Personne ne croyait ses yeux ni ses papilles gustatives parmi l'assistance lors de la séance de dégustation du miel produit localement; son goût, d'une saveur exceptionnelle, a séduit plus d'un participant. Oléiculteurs et apiculteurs réunis ont saisi cette occasion pour étaler les difficultés qu'ils rencontrent en matière de pressage de la récolte, estimée à plus de 1.500 quintaux pour les premiers et d'écoulement de la récolte annuelle qui est de 2 quintaux pour les seconds. Pour M. Nouredine Sahli, un jeune qui s'est lancé dans le créneau de l'apiculture avec seulement 60 ruches, la fabrication des ruches ainsi que les longs et onéreux déplacements à travers la steppe en quête de sites de production favorables sont autant de difficultés à surmonter. La clientèle originaire de Tizi Ouzou et d'Alger est, dit-il, très exigeante et nous tenons à la fidéliser pour écouler nos produits et les rendre plus compétitifs sur le marché national, devait-il conclure. Plus d'une soixantaine d'apiculteurs sont en activité permanente à travers la wilaya, un miel de qualité qui attend d'être labellisé.
Avec sa double vocation agropastorale, la wilaya d'El-Bayadh, qui couvre 7.169.670 hectares de terres, dont 21% occupés par la steppe, est en mesure de s'autosuffire dans les domaines de la production céréalière et maraîchère pour peu que ces nouvelles techniques de production soient réellement assimilées et utilisées à bon escient par les petits fellahs
Cette région n'a jamais enfanté une grande figure ayant une solide expérience dans le maraîchage. Le bouquet d'ingénieurs agronomes et de techniciens qui a pris la parole a mis le doigt sur la plaie en insistant dans chacun des exposés sur la nécessité de mettre en valeur le riche potentiel des produits de l'élevage et de l'agriculture de cette région, tout en pensant à diversifier les activités périphériques qui gravitent autour de la flore et de l'arboriculture (olivier, palmier dattier, figuier et amandier) des arbres rustiques et résistants. Les fortes gelées nocturnes, les faibles précipitations et l'aridité des sols de certaines communes sont autant de facteurs qui entravent sérieusement ce secteur. Mais tout n'est pas perdu pour autant. Le territoire de la wilaya compte plus de 8 périmètres agricoles réputés, soit plus de 15.000 hectares de terre arable sont laissés en jachère depuis plus de cinq années consécutives. Pourtant l'eau coule à flot à partir de sources naturelles dans chacune de ces régions. Le manque d'expérience, des bras vigoureux qui font cruellement défaut et surtout le manque de bonne volonté paralysent des terres fertiles réputées pour leurs très hauts rendements agricoles. Reste en suspens pour l'heure le problème de la nature juridique de la propriété foncière qui se pose avec acuité car il s'agit de terres «Arch» qui méritent d'être régularisées définitivement.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hadj Mostefaoui
Source : www.lequotidien-oran.com