Les dures conditions de vie actuelles des populations de la zone rurale et plus particulièrement celles des milliers de familles semi-nomades, vivant sous des tentes de fortune ou à la périphérie des petits hameaux de petite envergure ne sont plus à démontrer. En dépit des moyens financiers colossaux engagés par les pouvoirs publics, par le biais des différents programmes de développement qui se sont succédé, par le passé, la situation de cette frange de la société, affaiblie par les aléas de la nature (vents de sable, sécheresse) et des sources de revenus extrêmement faibles, reste encore précaire.L'on assiste, ces derniers mois, à un vaste mouvement d'exode rural vers les centres urbains. L'ensemble des 22 communes de cette wilaya des Hauts Plateaux, avec leurs innombrables chapelets de hameaux et d'îlots d'habitations en pisé qui s'agglutinent autour d'un petit point d'eau en pleine rase campagne, enregistrent d'énormes retards sur tous les plans socio-économiques et culturels. A titre d'exemple, la wilaya ne dispose que de 3 hôpitaux totalisant quelque 160 lits, des structures médicales et un encadrement hospitalier humain spécialisé en-dessous des normes requises. C'est dire que toute la wilaya est située dans une large zone d'ombre. Pour les exploitants des périmètres agricoles, notamment ceux des régions du sud de la wilaya, réputés pour leur ténacité et leur amour pour le travail de la terre, la situation dans laquelle ils se débattent est peu reluisante.
Le cas des producteurs de la menthe de Ghassoul, de Brezina et de Sidi Ahmed Belabbès, un produit dont la notoriété a franchi les frontières de la wilaya est des plus éloquents. Ils se battent pour le raccordement de leurs périmètres agricoles au réseau public électrique rural mais sans succès. Toute leur production annuelle de menthe, soit plus de 1.500 q, a été perdue par manque de forages et de moyens électriques d'irrigation. Les plus nantis d'entre eux s'entraident avec de petites pompes à eau fonctionnant au gasoil qu'ils se passent entre eux. Les quelques puits traditionnels, exploités depuis plusieurs décennies sont à sec.
Ils ne cachent pas leur déception à l'issue de leurs récentes rencontres avec les autorités locales de la wilaya, chargées de recenser les zones d'ombre. Pourtant, nous confie l'un des concernés, ils ne demandent pas la lune mais seulement l'ouverture de pistes d'accès aux différentes voies de communications, le raccordement de leurs périmètres agricoles au réseau public électrique et surtout l'autorisation d'effectuer des fonçages de puits, soumis actuellement à des contraintes, afin de sauver ce qui peut l'être. Ces forages largement sollicités font, cruellement, défaut dans cette région. La dernière production de pomme de terre de cette saison agricole ainsi que celle d'autres produits maraîchers ‘bio' a inondé le marché local et dont le surplus a été exporté vers les wilayas limitrophes. De nombreux petits agriculteurs éparpillés à travers les 22 communes, avaient abandonné la vie citadine et opté pour le travail d'une terre très généreuse, capable d'assurer l'autosuffisance en produits agricoles de la wilaya pour peu que les autorités locales leur accordent les moyens adéquats. Les éleveurs, gros producteurs de viandes rouges, subissent quant à eux, de plein fouet, les effets conjugués de la sécheresse et du Covid 19, puisqu'ils ne sont plus en mesure d'écouler leur bétail à travers les marchés aux bestiaux, du nord du pays, ce qui leur permettait de faire face aux sempiternelles dépenses onéreuses liées, en sus de l'acquisition au prix fort d'une citerne d'eau, à l'achat de l'aliment du bétail et dont le sac de maïs concassé a atteint cette saison un niveau dépassant l'entendement.
Des familles entières de pasteurs se sont ruinées pour sauver un lot d'ovins ou de caprins pour assurer la survie du reste du cheptel. C'est toujours les points d'eau, l'énergie électrique qui découragent, aussi bien les éleveurs, que les petits fellahs à persévérer dans ce mode de vie agro-pastoral ancestral menacé d'effondrement d'une saison à une autre. Beaucoup reste à faire pour cette wilaya déshéritée, détenant plus de 1.500.000 têtes d'ovins, dépourvue d'une assise économico-industrielle, enregistrant l'un des taux de chômage les plus élevés du pays.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hadj Mostefaoui
Source : www.lequotidien-oran.com