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Les habitants du lotissement «Sehmi», situé à quelques enjambées du quartier «Annasser», ne cessent d'interpeller les pouvoirs publics et ceci depuis le début de l'année 2002, date à laquelle a débuté leur interminable cauchemar. Sans gaz, ni électricité, ni eau courante, ni réseau d'assainissement, ils sont plus de trois cents familles livrées à leur triste sort. La moindre gouttelette d'eau qui tombe du ciel leur fait craindre le pire et bonjour les dégâts. Les voilà qu'ils passent des nuits blanches à évacuer les eaux de pluie qui se sont infiltrées, et le matin, ils se réveillent dans l'eau. Le plus valides d'entre ces chefs de famille, charretiers ou manutentionnaires, désertent le lotissement au premier chant du coq pour chercher le sachet de lait qui puisse calmer les estomacs vides de l'ensemble des membres qui constituent la marmaille. Des familles s'entassant par dizaines dans des habitations exiguës et inachevées, faute de moyens financiers, vivent dans le dénuement le plus total et dans une précarité digne d'une ère à jamais révolue. La misère et la pauvreté se lisent sur les visages de chacun d'eux. Ils n'ont pas d'âge, les rides sont visibles même sur les visages des adolescents et c'est un miracle si les maladies à transmission hydrique ou contagieuses les ont épargnés en raison de l'insalubrité des lieux. Il y a lieu de souligner que ces infortunés habitants revendiquent à corps et à cris la viabilisation et l'aménagement urbain de leur quartier mais hélas, les promesses qui leur ont été faites par le passé se suivent, se ressemblent mais ne se sont jamais concrétisées et comble de l'ironie, aucun responsable ou élu local n'a daigné visiter les lieux pour se rendre compte de l'isolement total de ce quartier dépourvu des commodités les plus élémentaires et ce n'est pas de gaité de c?ur que les enfants scolarisés se rendent à leurs établissements scolaires respectifs, quelles que soient les conditions climatiques, situés à plus de quatre kilomètres de leurs habitations. Le danger les guette à chaque coin de rue puisque des meutes de chiens errants colonisent le quartier dépourvu d'éclairage public. Leurs parents souffrent le martyr puisqu'aucun automobiliste n'ose s'aventurer dans ce dédale de rues tortueuses, jalonnées de profondes crevasses, y compris les camions de Naftal désignés pour la distribution des bouteilles de gaz et à ce propos, l'un des habitants nous confiera qu'une seule bonbonne de gaz lui revient à plus de 500,00 DA l'unité et, en période de grand froid, et lui faudrait casser sa maigre tirelire pour le chauffage d'une maisonnée qui fuit de toutes parts. Pas une seule épicerie en vue à la ronde pour ces chefs de familles qui doivent ramener le sac de semoule à dos d'âne en y mettant le prix bien sûr. Ces derniers, dans un ultime cri de détresse, dans l'espoir que leur quartier puisse être retenu dans le cadre d'une vaste programme d'urgence de viabilisation et d'aménagement urbains bien avant le début de la saison froide, qui s'étale dans cette région des Hauts-Plateaux sur plus de six longs mois.


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