El-Bayadh - Revue de Presse

El-Bayadh: Un conservatoire de musique livré à lui-même



Réalisés à grands frais, le conservatoire de musique et la maison de la culture «Mohamed Belkheïr», illustre chantre de la poésie populaire, dont l'évocation seule de son nom suffit à remuer tout un pan de l'histoire de cette région, ne sont plus hélas que deux bâtisses qui ont perdu leur réelle vocation.

L'ouverture de ces deux temples de la culture et des arts lyriques devait mettre en valeur le patrimoine, ô combien riche et varié, de cette région de l'Algérie profonde, qui recèle dans ses entrailles la mémoire des Laghouat-Ksel dans toutes ses dimensions et sous tous ses aspects et devait en même temps servir de tremplin à l'art traditionnel local en lui redonnant toutes ses lettres de noblesse.

Excepté quelques rares échanges culturels inter-wilayate et de rares manifestations insignifiantes, auxquelles ont droit les rares visiteurs des lieux, agrémentées d'expositions, d'oeuvres picturales, collectées à la hâte, la maison de la culture fait piètre figure. Seuls quelques ustensiles de cuisine traditionnels et des carpettes poussiéreuses servent de décoration, et dire que la population d'El-Bayadh compte dans ses rangs d'excellents artistes-peintres et une multitude de jeunes et vieilles femmes aux doigts de fée qui produisent des ouvrages d'art traditionnels dont la célébrité a depuis longtemps franchi les frontières du pays, tels les tapis du Djebel Ammour. Cette somptueuse maison de la culture, érigée dans le plus pur style architectural mauresque, n'abrite que cycliquement des rencontres de type «journées d'études» et sombre à longueur d'année dans un sommeil profond. De nombreux écrivains et hommes de lettres issus du terroir, et dont les oeuvres sont publiées dans de nombreuses maisons d'édition, n'ont jamais été conviés, nous ont-ils confié, pour assister à des séances-débats autour de leur produit culturel, allant jusqu'à affirmer que leurs ouvrages ne figurent point sur les rayons de la bibliothèque de la maison de la culture de leur ville natale. Ironie du sort ? Même la légendaire flûte en roseau n'a pas droit de cité.

Quant au conservatoire de musique, situé en plein centre-ville, il fait la joie de jeunes élèves, issus de la maternelle, et dire que cette structure est dotée d'instruments de musique modernes et, faute d'animateurs et d'encadreurs expérimentés, ses portes sont fermées les cinq jours ouvrables. Triste destin pour les fans de la musique et du théâtre de cette ville qui n'ont pas trouvé un autre lieu pour s'épanouir et donner libre cours à leurs capacités artistiques. Nous avons vainement tenté de joindre le responsable de ces deux structures, mais il était aux abonnés absents.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)