Djelfa

Un « Plan Marshall » pour l'agriculture



L'Algérien se nourrit mal, essentiellement de céréales, relativement à portée de sa bourse, du fait du soutien des prix par l'Etat. Mais il se prive la plupart du temps de viandes et de fruits, onéreux car soumis aux lois du marché. Sa ration calorifique est proche de celle des pays pauvres et bien en deçà des normes internationales. Fragilisé, sa santé est hypothéquée comme sa productivité et son épanouissement général. Et le peu qu'il consomme est acheté au prix fort à l'extérieur car l'Algérie ne produit que 30% des besoins en blé, lait et autres produits agricoles de base. Et c'est là où le bât blesse. Au fil du temps, les terres fertiles ont laissé place au désert qui avance inexorablement, au même rythme que le béton. De grandes dunes sont visibles à partir de la wilaya de Djelfa et d'énormes ensembles urbains ont réduit le Nord fertile comme une peau de chagrin. De la révolution agraire du temps de Boumediène au PNDRA de Bouteflika, les échecs se sont multipliés à l'infini, imputables à l'incompétence, au laisser-aller ou à la corruption des responsables qui ont eu à conduire les différentes politiques. L'Algérie est aujourd'hui piégée par ce mal intérieur, dans un environnement international où la seule règle qui prime est celle de la loi du plus fort. Les nations développées soutiennent à fond leur agriculture mais dénient ce droit aux pays du tiers monde, par le biais de l'OMC notamment.Le tiers monde n'a presque pas de parts de marché au plan mondial et rares sont les Etats qui peuvent placer un ou deux produits agricoles. Pourtant, les experts algériens qui se sont penchés ces derniers jours au chevet de cette fragilité nationale n'ont pas voulu croire à la fatalité. Leur argument est simple : quand l'argent existe, tout est possible.Pour reverdir les terres et les rendre généreuses, pour fertiliser l'Algérie et, pourquoi pas, s'imposer à l'extérieur, il faut une grande politique, une véritable stratégie d'avenir. Au lieu de dormir dans les caisses du Trésor et dans les banques ou d'être placés aux Etats-Unis à des taux d'intérêts dérisoires, les pétro-dinars peuvent servir à financer un « Plan Marshall » pour la sécurité alimentaire.L''uvre devra être collective, fruit d'une collaboration étroite des experts et des professionnels. Elle ne saurait être l'apanage du ministère de l'Agriculture auquel incombe l'essentiel de l'échec du PNDRA.Le fameux « après-pétrole » dont on parle depuis des lustres commence là, dans un investissement sans limites et bien mené dans l'or vert, seul à même de se substituer à l'éphémère or noir. La force d'aujourd'hui des grandes nations occidentales est qu'elles ont compris celà depuis bien longtemps.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)