
Que Dieu nous donne la santé et la paix ! Cette maxime, chère à nos parents, est on ne peut plus vraie et d'actualité dans notre beau pays, où elle a été complétée comme suit: et «qu'il nous préserve d'aller se soigner dans les hôpitaux !». Car dans ces hôpitaux algériens, la mort n'est pas tant la crainte des malades autant que la négligence, le laisser-aller et l'insouciance notoire, pour ne pas dire l'incompétence d'un personnel hautain, méprisant. Ce qui s'est passé mercredi dernier à Djelfa, qui a révolté tous ceux qui en ont entendu parler, est une forfaiture qui ne peut être corrigée, car la femme est morte, avec son bébé, laissant une famille dans un profond désarroi. Ce drame est symptomatique de l'extrême perdition de la Santé en Algérie, de la déliquescence dans laquelle est abandonné, comme on abandonne des malades, un secteur qui engloutit des milliards de dollars par an, alors que les Algériens sont toujours mal soignés, mal pris en charge, mal guéris.Le cas de cette malheureuse ressemble un peu à celui de l'acteur constantinois, Rachid Zeghimi, mort le 19 juillet dernier après une succession de faux diagnostics. Non, les Algériens ont réellement peur de leurs hôpitaux, et y vont à contrec?ur, tellement la prise en charge est ‘'approximative'', mauvaise, avec parfois, comme on l'a constaté souvent, une rudesse malvenue de certains infirmiers. Et, souvent, ce sont des drames qui sont enfantés dans ces hôpitaux devenus des mouroirs, à partir du moment où les services des urgences ne font pas leur ‘'job'', celui d'une première et efficace prise en charge des malades.Le cas de Djelfa, s'il est connu des Algériens, qui le vivent au quotidien à travers les centaines de structures hospitalières du pays, où souvent le médecin de garde, quant il est là, arrive bien au-delà des horaires de travail et part avant l'heure, où on vous répond, vers 11 heures, au service chirurgie dentaire que «nous sommes fermés», parce que «nous n'avons plus de matériel», et qu'il faut pointer à 8 heures pour faire les vaccins, ne semble pas avoir ému les responsables d'un secteur à la dérive. Sinon, de tels malheureux incidents n'arrivent pas.Au ministère de la Santé, n'importe quel Algérien peut tirer un simple constat: les ministres se succèdent, mais le mal demeure.Autre singularité de ce système de Santé clownesque : un médicament prescrit par un dentiste n'est pas remboursable, alors qu'il l'est s'il a été prescrit par un médecin généraliste. Comme il est vrai également que toutes les structures hospitalières et le personnel médical ne sont pas mauvais, mais que, chez nous, il y a un truc de plus par rapport à ce qui se passe ailleurs dans le monde: la ‘'açabya'' d'Ibn Khaldoun, celle qui veut que les rivalités tribales ont encore de beaux jours devant elles, sinon, la femme de Djelfa serait encore vivante.Que des rivalités tribales perturbent le fonctionnement normal de structures hospitalières gérées par des universitaires, des médecins, des personnels paramédicaux qu'on nous dit compétents et qui refusent de prendre en charge des malades d'une autre ‘'dechra'' et d'une autre ‘'kabyla'', cela dépasse l'entendement, le raisonnement simple d'un Algérien simple, et nous renvoie à la ‘'djahylia''. Tout simplement. Un dernier v?u : que Dieu nous préserve de ces hôpitaux !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mahdi Boukhalfa
Source : www.lequotidien-oran.com