Djelfa - Revue de Presse

Réglage du robinet ou du lavabo '



Pas d'eau, rien, puis de l'eau. Trop, comme sait en verser l'Algérie sèche, aride et radine, puis généreuse, impétueuse et sans retenue. A l'image de Sonelgaz qui coupe le courant sans rien dire puis le rétablit en survoltant la tension, grillant les appareils et les factures.Pour l'eau, revenue brutalement, ce sont deux morts à Djelfa et 31 à Ghardaïa, dernières victimes d'une longue série de cadavres qui s'empilent sous toutes les formes, accidents de voiture, attentats kamikazes, maladies ou intempéries. Cet été, très chaud, les incendies ont ravagé 25 000 hectares de forêts et maquis, tout en brûlant plusieurs personnes jugées inflammables. A la rentrée, pluvieuse, les eaux ont tué une centaine d'autres Algériens.Y a-t-il fatalité ' Serait-ce du simple sous-développement chronique ou une régulation naturelle, voire, selon les économistes les moins doués pour l'émotion, un phénomène malthusien qui vise à éliminer les surplus que ne peut nourrir, loger, instruire et soigner l'Algérie ' En tout état de cause, malgré la banalité effrayante des morgues et des cimetières, on ne peut ne pas s'étonner de ces morts quotidiens qui s'étalent dans les journaux. Il est vrai qu'il y a une semaine, une bousculade dans un temple en Inde faisait plus de 100 morts.Mais les Indiens sont un milliard et leurs temples exigus. Et il y a un mystère que les spécialistes du développement n'ont pas percé. Quand l'un, parmi les nombreux cyclones qui passent dans les Caraïbes s'abat sur la région, les Haïtiens meurent par sachets entiers mais pas les Cubains d'à côté, qui ne déplorent à chaque fois aucune victime. Du zéro absolu, non relatif.Ce ne peut être de la fatalité ou le hasard. Les Cubains ont certainement compris quelque chose que les autorités de Djelfa et de Ghardaïa n'ont pas compris. On ne peut régler le robinet à pluie mais on peut réparer le lavabo.
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