2013, année du serpent d'eau selon le calendrier chinois, est celle de l'expectative pour les Algériens qui attendent une victoire à la CAN-2013, une visibilité politique à la veille de l'élection présidentielle, un meilleur pouvoir d'achat et une probable révision constitutionnelle. On ne sait, pour l'heure, si les serpents de mer sortiront de l'eau en cette nouvelle année.
-Une photocopie pour nous Algériens
Sauf imprévu, il n'y aura pas de chamboulements majeurs sur la scène politique, économique ou sociale. 2013 ressemblera aux années précédentes. Les Algériens n'ont pas fait de révolution, n'ont pas porté d'islamistes au pouvoir et n'ont pas été contaminés par la saison du Printemps arabe. Aux dernières élections, ils ont reconduit les partis au pouvoir au Parlement ainsi qu'aux communes.
Ce statu quo est favorisé par les troubles qui ont cours dans les pays post-révolution. L'Algérie est désormais perçue, par ses «partenaires» étrangers, comme un pays «stable» dans la région. Sur le plan financier, cela ressemblera sans doute aux années précédentes. Le pouvoir d'achat s'affaiblit face à une hausse vertigineuse des prix.
-L'état se serrera-t-il la ceinture '
A en croire le texte de loi de Finances pour 2013, le gouvernement algérien prévoit la réduction du train de vie de l'Etat. Il s'agit d'une nouvelle approche des dépenses publiques, entraînée par la chute des prix du pétrole, mais aussi par la persistance de la crise de la zone euro qui a fait plonger les marchés. Dans les faits, les scandales de corruption qui ont défrayé la chronique tout au long de l'année ont donné une piètre image de nos dirigeants et des réseaux qui les entoure. Du coup, les annonces de coupes budgétaires sur les frais de fonctionnement ont peu d'impact sur la population.
-CAN-2013, les Verts dans le groupe de la mort
Cela s'annonce compliqué pour l'Algérie : les Fennecs ont hérité du groupe D, certainement le plus difficile de la Coupe d'Afrique des Nations 2013. Avec la Côte d'Ivoire, la Tunisie et le Togo, les hommes de Vahid Halilhodzic auront du fil à retordre. Mais le sélectionneur de l'EN veut se montrer positif. «Tout est jouable pour faire une bonne Coupe d'Afrique des Nations avec le groupe actuel. C'est vrai que nous avons des jeunes joueurs en manque de compétition internationale, mais la qualification au deuxième tour est jouable et nous espérons réaliser un bon tournoi.» Réponse le 22 janvier.
-éventuelle annonce d'un quatrième mandat
Dans l'un des rares discours adressés au peuple, le chef d'Etat algérien a laissé entendre qu'il partirait en 2014. Puis il y a eu comme un revirement. Les fidèles du Président ont commencé à préparer le terrain à un éventuel quatrième mandat. «J'ai soutenu Bouteflika en 2004 et en 2009. S'il se représente en 2014, le soutien lui est acquis», affirmait Amara Benyounès, président du MPA, un parti devenu troisième force politique du pays lors des élections locales en un temps record. Selon des indiscrétions distillées dans la presse, le président de la République se donne jusqu'au printemps 2013 pour prendre une décision.
-Promesses et effets d'annonce
Le Conseil des ministres a adopté, fin décembre, une batterie de mesures destinées à remonter le moral aux Algériens. Parmi les cadeaux de fin d'année figurent ainsi la création d'entreprises au profit des jeunes, l'accélération du programme de construction de logements, le lancement d'internet à haut débit, la 3G, la réhabilitation du service public ainsi que la réalisation du tronçon ferroviaire de 40 km (Boughezoul-Ksar El Boukhari) de la nouvelle ligne électrifiée reliant Djelfa à la rocade Nord.
-Révision de la Constitution
Le projet de révision constitutionnelle, annoncé dans la foulée des révoltes arabes, demeure encore flou. Les responsables politiques qui expliquent cette démarche utilisent des termes aussi emphatiques qu'ambigus. Ould Khelifa a précisé dans une déclaration à l'APS que le principal enjeu concerne la «Constitution du pays qui sera adaptée aux exigences de l'étape actuelle et de la modernisation des modes de gouvernance à la lumière des développements substantiels qu'a connus le pays sur les plans politique et socioéconomique.»
-Une année politique horribilis
A la veille de l'élection présidentielle de 2014, la scène politique algérienne commence à s'agiter comme pour mieux cacher l'absence d'un véritable débat politique. Ainsi, au sein de l'appareil du FLN, les guerres de position se poursuivront encore en 2013, avec les tentatives de redressement contre Abdelaziz Belkhadem, lui-même ex-redresseur. Les différents clans du RND devront se livrer une guerre sans merci de leadership durant cette année 2013.
-Les caisses encore pleines, pas de hausse des taxes
A en croire la loi de finances pour 2012, les différents impôts et taxes fiscales et parafiscales en vigueur resteront inchangés. Le fait est que l'Algérie dispose de réserves de change dépassant les 205,2 milliards de dollars à la fin de l'année 2012, selon le Fonds monétaire international (FMI). Un record jamais enregistré auparavant.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amel Blidi
Source : www.elwatan.com