Djelfa - A la une

Monsieur le wali, on n'est pas obligé de mourir !



Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, le wali de Djelfa n'a pas fait dans la nuance : «Je préfère que les gens meurent de faim que du coronavirus.» Un ami particulièrement inspiré avait suggéré que cette déclaration ferait peut-être un bon sujet de philo au bac. L'ami faisait dans la (bonne) dérision, mais il sait comme tout le monde que la mort a toujours été au c?ur des philosophies humaines. Elle est au centre des palpitations de l'Homme, non pas en tant qu'événement-fin- biologique mais comme moment de la... vie. Une vie que l'essentiel de l'entreprise humaine tend à prolonger, quand on n'en fait pas carrément une... fin en soi. Prolongement seulement pour l'instant, puisque la mort, du moins au stade actuel des développements scientifiques, est inéluctable. Pour cela, on n'a même pas besoin d'aller piocher dans des considérations métaphysiques pour s'en convaincre. Il s'agit donc de vivre plus longtemps et en l'occurrence les résultats progressent, puisque «l'espérance de vie» ou la «longévité» est en constance progression. Et ce qui ne gâte rien, ce sont les niveaux de développement socioéconomiques des sociétés qui nous fournissent les indices les plus crédibles, et quand par endroits il y a de petites exceptions, elles ne font que confirmer la règle. Qu'on ne s'y méprenne pas pour autant, nous ne sommes plus dans la prétention savante en abordant la question de la mort, surtout quand elle frappe aussi brutalement, aussi brusquement et dans des proportions aussi inquiétantes. La grave crise sanitaire qui frappe le pays à la suite de toute la planète nous installe face à la mort et c'est dans nos capacités à en réduire le volume en sauvant des malades et à prémunir un maximum de la maladie. Face aux impacts de la pandémie, s'est posée cette question que nous n'avons pas inventée, puisqu'on l'a entendue partout dans le monde / faut-il privilégier toutes les mesures de protection quitte à réduire dangereusement l'activité économique qui peut, à son tour, induire des menaces d'une autre nature, dont la faim est celle qui est revenue le souvent dans les bouches ' L'interrogation, on ne peut à l'évidence pas en faire l'économie. Il s'agit donc, non pas de «choisir» mais de trouver le juste équilibre qui mette la sécurité sanitaire au centre des priorités. Dans notre pays, l'effort de réflexion et la pertinence des mesures en la matière n'ont pas été un modèle de réussite. Tout comme le modèle de communication d'ailleurs, qui, par ailleurs ne fait que transposer les approximations, les tergiversations et parfois les aberrations générales. Sinon, le wali de Djelfa ne se sentirait pas obligé de nous livrer la... mort préférée qu'il préfère pour ses administrés ! S'il ne peut pas être dans le combat rationnel qui prolonge la vie, il aurait pu au moins être dans le bon sens d'Al Moutanabbi : «Les causes sont diverses et la mort une».S. L.
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