Djelfa - A la une

Marche forcée vers 2014 Edito : les autres articles



Marche forcée vers 2014 Edito : les autres articles
En remaniant son gouvernement et après diverses apparitions publiques, Bouteflika entend prouver que, désormais, il est bien aux commandes de l'Etat et que sa maladie n'est pas susceptible de l'éloigner des affaires publiques. Mais le sens profond de ce chamboulement gouvernemental est ailleurs : il réside dans sa volonté de contrôler, sur la forme et dans le fond, la présidentielle d'avril 2014. La stratégie du président de la République est limpide. S'il se retrouve dans les mois à venir, du fait d'une possible rechute de sa maladie, dans l'incapacité de se succéder à lui-même, son successeur devra être sponsorisé par lui et lui seul. Il sera puisé dans le camp de ses fidèles afin qu'il le préserve de toute surprise une fois parti du palais d'El Mouradia ainsi que sa famille et son clan. Evidemment, la surprise à éviter coûte que coûte serait le déballage public des graves affaires qui ont marqué la période présidentielle de 1999 à ce jour et leur traitement par une justice libérée ou obéissant au nouveau chef de l'Etat.Ce redoutable scénario, Bouteflika en a eu un avant-goût : largement médiatisées, des indiscrétions ont impliqué son propre frère dans diverses affaires de corruption ; des ministres qu'il a toujours couverts ainsi que de puissants personnages ont fini par tomber et même être poursuivis par les magistrats. Chakib Khelil en est l'exemple le plus frappant. Aussi, le chef de l'Etat devra frapper vite et fort, car le temps presse : plus que six mois avant la présidentielle. Avec Sellal comme Premier ministre, Tayeb Belaïz comme ministre de l'Intérieur et Tayeb Louh à la Justice, la machine étatique électorale pro-Bouteflika devrait fonctionner à plein régime. Comme de tradition, son appui partisan le plus sûr sera le FLN, cette fois-ci totalement verrouillé par un putsch aussi incroyable que celui qui a évincé Benflis du parti en 2004. Le FLN vient d'être livré sur un plateau à Amar Saadani, obscur homme politique, redevable au clan présidentiel de ce poste ' et de celui qu'il a occupé à la tête de l'APN ' et de l'impunité qu'il bénéficie dans la grave affaire de malversations au niveau du foncier de la wilaya de Djelfa.
La mainmise sur le FLN s'est accompagnée de l'affaiblissement du DRS, redoutable service de renseignement dont Bouteflika n'est pas trop convaincu de sa totale loyauté à son égard. Au demeurant, vacciné par son expérience de 1980, lorsqu'il fut écarté par les militaires au profit de Chadli, le président de la République s'est toujours méfié des épaulettes étoilées et, cette fois-ci encore, il conserve le poste de ministre de la Défense nationale. Pourtant, les défis posés à l'armée sont devenus énormes, aux frontières notamment, et priver ce corps d'un titulaire du portefeuille réduit sa capacité de réaction. Il est vrai qu'Ahmed Gaïd Salah est un des piliers du cercle présidentiel et qu'il veillera au grain sur les intérêts de ce dernier. Si l'armée n'a rien gagné dans ce changement de gouvernement, l'économie, elle aussi, a été sacrifiée sur l'autel des calculs politiques. Le grand ministère de l'Economie tant attendu et souhaité n'a pas vu le jour.
Il était pourtant nécessaire, dans cette conjoncture d'une Algérie en train d'amorcer une descente aux enfers sous les deux coups de boutoir que sont la baisse des ressources tirées des hydrocarbures et la hausse vertigineuse des dépenses de l'Etat, notamment pour gagner la paix sociale. Cherif Rahmani, ex-ministre de l'Industrie, de la PME et de la Promotion de l'investissement, qui a entamé un début de réformes assez prometteur dans le secteur, a été évincé de ce poste confié à Amara Benyounès, sans palmarès au niveau gouvernemental mais aux penchants politiques pro-Bouteflika très affirmés. Les ministres islamistes, eux, n'ont pas bougé, la perche est donc toujours tendue à ce courant que Bouteflika a toujours su attirer à lui. Il entend bien rester sur cette ligne afin de ne pas être débordé en avril 2014 par un éventuel Ghannouchi.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)