Djelfa - A la une

LETTRE OUVERTE



LETTRE OUVERTE
La dernière fois que nous avons vu le colonel Ahmed Bencherif à Djelfa, il était dans son 4x4 rutilant allant à sa partie de chasse hebdomadaire. On était heureux de revoir une figure rassurante, que le peuple de Djelfa apprécie pour sa contribution à la Révolution, qui s'occupait, tel un grand-père aimant, de ses petits-enfants et faisant encore des barbecues à 87 ans.De ce fait, notre surprise, désagréable, fut grande quand on a lu ceci : "Bouteflika n'a pas tiré une seule cartouche pendant la Révolution. Il n'est pas un moudjahid et n'est pas monté au front."Sous le coup de l'émotion, on s'est tout de suite dit que le colonel Bencherif est devenu fou et on a parlé entre nous du fait que c'est peut-être son âge avancé qui est en cause. Pas l'homme lui-même. Puis, on a lu encore que celui que vous traitiez ainsi, c'est-à-dire le président de la République, était : "Bouteflika est un ami. Je l'appelais souvent, mais après sa maladie, il ne pouvait plus me répondre." Et là, on s'est dit que vos errements ne sont pas un accident. C'est un acte avec préméditation.On s'adresse au moudjahid que vous êtes, même si la génération actuelle n'est pas capable de citer un seul fait d'armes de votre passé révolutionnaire. L'amnésie qui frappe cette génération semble héréditaire.Qu'est-ce qui vous prend ' À vous, à Yacef Saâdi et à tous ceux qui représentaient, jusqu'à récemment, un pan de notre histoire anticoloniale. Qu'est-ce qui vous arrive à dénigrer le passé de vos frères d'armes ' Est-ce que la "bleuite" du deuxième bureau continue de faire ses effets ' Bigeard, Aussaresses et Trinquier peuvent dormir en paix maintenant que d'authentiques libérateurs de l'Algérie sont en train de s'entredéchirer, accusant leurs frères moudjahidine de choses innommables et en falsifiant l'histoire. Vous n'avez pas le droit, colonel Bencherif, vous qui aimez la chasse, de braconner sur les terres du révisionnisme. Vous n'avez pas à tirer vos cartouches sur le moudjahid Bouteflika. Le baroudeur que vous étiez, ne peut pas assassiner les concepteurs, les organisateurs et les cerveaux qui ont arraché la Libération nationale, où chacun jouait son rôle, de nos s?urs infermières à nos mères qui faisaient la galette, de celui qui transportait les munitions que vous tiriez à celui qui les acheminait du Caire, de celui qui rédigeait les appels de l'ALN, à celui qui passait la nuit à les imprimer dans des caves sordides, du manifestant du 11 Décembre 1961 tué à Belouizdad (Belcourt) à celui du 17 Octobre qui fut jeté dans la Seine. Notre Révolution a été faite par les petits et les grands, les héros et les anonymes, par les djounoud et les officiers, par les martyrs et les survivants et c'est pour cela qu'elle est grande. Que notre histoire est indivisible. Alors pourquoi la diviser ' Pourquoi participer à ce jeu malsain et dangereux du patriotisme qui s'arrête à votre fusil 'On s'adresse à l'aîné que vous êtes et à l'ami que vous prétendez être. La dernière fois que vous avez appelé un monsieur "votre ami", c'était pour le trahir. On parle de M. Hamou Touhami, l'ex-wali de Djelfa que vous n'avez pas hésité, dans une interview en 2001, à accuser de corrompu. Vous étiez pourtant son ami, comme celui de Bouteflika.Il était votre ami quand il vous a permis d'accaparer des terres agricoles de Messâd. Il était votre ami quand vous aviez mis la main sur l'ensemble immobilier de la placette du centre-ville de Djelfa que tout le monde connaît. Il était votre ami quand vous aviez pris l'immeuble près de l'hôtel El-Amir. Mais le pauvre wali a cessé d'être un ami quand il ne vous a pas répondu au téléphone ! Ça ne vous rappelle rien ' Bouteflika vous a-t-il répondu par la négative à une énième demande ' Il a certainement dû perdre la voix quand il avait entendu vos demandes, croyant probablement, qu'au regard de votre fortune de baron de Djelfa, amassée depuis votre passage à la tête de la Gendarmerie nationale, et cela depuis 50 ans de vie rentière, vous devriez être rassasié. Mais voyez-vous, le méchoui de Djelfa peut rendre fou.Colonel Bencherif, rendez service aux nouvelles générations, occupez-vous de vos petits-enfants, écrivez la suite de vos mémoires L'aurore des Mechtas pour leur laisser une trace de vos "faits d'armes", laissez les tombes des martyrs fleurir en paix, allez voir votre notaire pour avoir un aperçu sur ce que l'Algérie a fait pour vous.Un groupe de moudjahidine de la Wilaya IVNomAdresse email


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