Au moment où Les sages femmes ont annoncé d'organiser un sit-in national le 26 septembre en cours, suite à la situation de crise qui a touché leur «dignité», les professionnels de la santé et les syndicalistes ont appelé hier, à la clémence de la justice pour leurs confères.
L'affaire de la parturiente morte à la wilaya de Djelfa, qui va éventuellement aboutir à l'emprisonnement des sages femmes et des médecins, a suscité des réactions à la veille de la prononciation du verdict du procès prévu mercredi prochain au tribunal de Ain Ouessara.
«Suite à une campagne de dénigrement acharnée et sans précédant portant atteinte à la dignité des sages-femmes à l'objet de dresser les citoyens contre elles, les accusant d'être derrière toutes les défaillances de notre système de santé, le SNSFA lance un appel à l'ensemble des sages-femmes du territoire national pour participer à un sit-in devant tous les établissements de santé le 26 septembre de 9H à 10H», lit-on dans un communiqué rendu public par le Syndicat national des sages femmes algériennes (SNSFA) affilié à l'UGTA. Le syndicat ne compte pas baisser les bras pour dénoncer ce qu'elles assimilent à de la
«hogra». M. Lounas Ghachi, secrétaire général du Syndicat national des paramédicaux (SNAP) contacté hier, estime que «l'action des sages-femmes est une bonne chose mais elle intervient en retard». Les sages femmes et même les médecins devaient protester durant la période de l'été a-t-il appuyé. Il a exprimé son «mécontentement total» quant au traitement
«vigoureux» réservé au sages femmes ou encore à une gynécologue, suite à des insuffisances, qui selon lui, sont commises par l'administration locale de Djelfa. Nous déplorons cette façon qui a conduit directement des professionnels en prison. Normalement c'est l'administration locale du secteur de la santé de la wilaya de Djelfa quid devrait être visée dans cette affaire qui a coûté la vie à une parturiente et son bébé, estime M. Ghachi pour qui il faut aller aux causes qui ont créé le manque de couverture sanitaire adéquate à Djelfa. «Les sages femmes et les médecins ne doivent pas être en aucun cas le bouc émissaire dans des fautes commises par les autres». D'autre part, le Sg du même syndicat relève le manque de sensibilisation des citoyens. De son côté, le président du conseil de l'ordre des médecins algériens, M. Mohamed Bekkat Berkani interrogé hier, par nos soins, à jugé «inégale» la façon dont sont traités les professionnels de santé au tribunal de Djelfa. Au départ, cette affaire à été marquée par une inégalité dans la mesure où on pense que le médecin gynécologue na pas voulu recevoir la parturiente. «D'après mes connaissances, il n' y a pas eu de non assistance à personne en danger, car cette femme médecin accusée était absente la nuit de la tragédie», nous a-t-il dit. Pour ce qui est de la plaidoirie de la partie civile, qui a plaidé pour deux ans de prison fermes il la juge «excessive». Notre interlocuteur a appelé le tribunal d'alléger au maximum, la peine contre la gynécologue accusée. «Nous espérons que le tribunal aura la clémence et la sagesse de lui imposer une peine qui sera à la hauteur de la première infraction commise dans sa vie. Surtout que cette même personne n'était même pas présente au moment où l'incident est survenu», dit-t-il avant de déplorer «le disfonctionnement de ces trois unités de santé de Djelfa, qui ne disposent que d'un seul médecin gynécologue de garde». Selon lui, la responsabilité est à imputer aux autorités sanitaires, qui n'ont pas pris en considération, précise-t- il, «ni la période du mois de juillet, connue par le nombre important des naissances, ni encore de régler définitivement durant toute l'année le problème du manque des médecins spécialistes dans les structures de santé». «Il est vrai que le ministère de la Santé a infligé des gardes obligatoires dans les structures de santé privées, mais en contrepartie, prendre cette mesure sans réussir à faire travailler nos collèges spécialistes dans les structures publiques des wilayas de l'intérieur représente déjà en lui-même un échec de la tutelle qui ne date pas d'aujourd'hui», a-t-il affirmé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Smail Mimouni
Source : www.letempsdz.com