
Ce n'est que depuis ce samedi que les éleveurs de l'ovin ont levé le pied, et pris un petit repos. Ils rechargent leurs batteries pour revenir à la charge. Ils ont passé plus de quinze jours à revendiquer la révision des prix de l'aliment de bétail. Ils ont fermé les portes des centres de distribution de ce produit.Ils ont parfois refusé de prendre leurs quotas, en signe de protestation contre la décision du gouvernement, et de la Loi de Finances par la quelle a été retiré le soutien de l'Etat. Il s'agit de l'orge, considéré comme complément alimentaire pour les brebis en périodes d'agnelage. Il est aussi servi, et soutenu par l'Etat, en cas d'intempéries ou de sécheresses et les catastrophes naturelles dûment déclarées, soit par les walis lorsque c'est restreint, par le ministre de tutelle lorsque la catastrophe touche une zone, ou une région, et enfin par le Premier ministre, lorsqu'il s'agit d'une catastrophe qui touche une bonne partie de la nation. Lorsque ces catastrophes s'estompent, les mesures doivent être levées. Ce ne fut pas le cas du soutien aux prix de l'aliment du bétail. D'ailleurs il a été maintenu sciemment pour reconstituer le cheptel ovin. Le printemps de l'année 2008, qui est désignée par les éleveurs comme celle de la «Nekba» (catastrophe). Les éleveurs avaient commencé la coupe de la laine avec la remontée vers le Nord. Ils furent surpris par la gelée noire. L'hécatombe anéantira alors, plus de 45%, du cheptel ovin. Le fait de soutenir le prix de l'orge a été vu juste. Les éleveurs ont fourni des efforts qui leur ont été bénéfiques, et ils ont, non seulement, recomposé leurs cheptels, mais plus encore, ils ont constitué un cheptel plus important. Comme les brebis d'Algérie sont prolifiques, et peuvent mettre bas deux fois par an. Le cheptel national de l'ovin a atteint les quarante millions de têtes, si l'on prend en considération la déclaration de l'ex ministre de l'Agriculture, M. Nouri, qui avait dit : «Nous venons de vacciner plus de 19 millions de têtes d'agneaux et d'agnelles». Cela s'est passé deux années de suite. Alors pourquoi les éleveurs se sont révoltés ' Il faut faire le lien du ballet des ministres avec ce que vivent les éleveurs. «Ce n'est pas de la superstition mais ça donne à réfléchir. Au printemps 2008, la «Nekba», le ministre d'alors, Dr Barkat et son staff, en sus du président de la Chambre nationale de l'Agriculture et le perpétuel SG de l'UNPA, Hadj Allioui, avaient rencontré les éleveurs. Ce jour-là, la séance avait connu un retard pour le lancement des travaux à cause de la place de Rachid Benaissa qui a été occupée par une indue personne. Ce jour-là, au lieu de soulager la douleur des éleveurs, les accompagnateurs du ministre avaient proposé des solutions du genre : il faut augmenter les quotas des importateurs de viandes congelées. Quelques jours plus tard, Dr Barkat cède sa place au Docteur Rachid Benaissa. Ce dernier a commencé par mettre sur pied, et d'une manière démocratique, les conseils interprofessionnels des filières. C'est la solution idoine qui donna des résultats probants et salvateurs. Il tiendra la barre jusqu'au jour où il convoqua les éleveurs, un certain jeudi, qu'il doit garder d'ailleurs en sa mémoire. Le dimanche d'après, il sera remplacé par le wali de Tlemcen, M. Nouri Abdelwahab. Lors de sa première visite il se fera accompagner par Hadj Allioui, à Tiaret, où des zélés parmi les trabendistes de l'aliment du bétail, furent placés en première ligne, pour dire du mal de son prédécesseur. Il ne tardera pas à faire les frais des mêmes personnes qu'il avait écoutées. D'ailleurs, il fera long feu au «Département de la nourriture». Il faut lui reconnaitre qu'il a sauvé l'Algérie d'une épizootie grave qui aurait anéanti les cheptels bovin et ovin. Cet effort n'était plus suffisant, et ne lui servira pas tellement pour être maintenu au même poste, et au pied levé, il fut remplacé par Sid Ahmed Ferroukhi. Il subira le même sort à Tiaret, avec un léger sursis après la visite de travail consacrée aux éleveurs et à l'élevage. La visite a failli être sabordée, n'était les éleveurs de Djelfa, et ceux de Laghouat, qui volèrent à la rescousse. Ain Dh'heb ne brilla pas de mille feux, et, d'un seul coup bien ciblé, Ferroukhi fera les frais, bien qu'il a été le seul à tenir tête au chef du FLN, qui usera de son influence pour désigner un remplaçant de son cercle. Personne ne sait comment, ni pourquoi les chefs changent dès qu'ils touchent à la bête. Ces derniers temps, Chelghoum est en pleine turbulence chez les éleveurs. Alors du saute-mouton au saute-ministre ! Quelle formule faudrait-il retenir' La loi de finances est claire. Il n'y aura plus de soutien des prix de l'aliment de bétail qu'est l'orge. Il vient de passer de 1.550 DA à 2.750 DA le quintal, soit 1.200 DA de différence. Au marché parallèle, l'orge se négocie à 3.300 Da au prix de gros, et pour la grande quantité, il est à 2.800 DA le quintal. Donc le marché parallèle continuera de sévir. Le ministre dira, à partir d'Ouargla, que c'est le bureau national de la Fédération des éleveurs, qui a demandé que le soutien soit retiré. Le Bureau Fédéral confirme et explique que, lorsqu'ils ont demandé que l'enveloppe de soutien soit retirée, ils ont demandé à ce que le prix du quintal d'orge, ne devra pas dépasser les 2.000 DA. A la rencontre de Djelfa, où les 14 wilayas élevant de l'ovin étaient représentées par des éleveurs ou pas. Ils portaient tous des «Kachabias» et des «Burnous». On ne pouvait pas distinguer les uns des autres, sauf ceux que l'on avait l'habitude de rencontrer. Ils étaient conviés pour une «mouchouara» (concertation). Certains ont pris d'assaut les micros des journalistes. Avec véhémence ils ont traité Hadj Allioui de tous les maux et des plus abjects. Ils disaient que ce dernier «ne les représente pas». Les questions que l'on doit se poser : pourquoi ces «éleveurs» refusent alors de se constituer en groupement d'intérêt commun, et importer, à leur propre compte, de l'orge alors que le marché est libre' La bourse peut descendre en été jusqu'à 5,5 $ le quintal. Une autre question : comment se fait-il que chaque éleveur n'a droit que d'un quota tous les treize ou quatorze mois, pour un seul mois d'alimentation du cheptel, ou d'une partie de ce dernier ' Alors comment font-ils pour les treize autres mois pour alimenter leurs cheptels, jusqu'au prochain tour' Dans tous les cas de figure, les éleveurs sont dans la tourmente.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djilali Harfouche
Source : www.lnr-dz.com