Djelfa - A la une

La partie civile parle de crime odieux et la défense plaide l'innocence des accusés



La partie civile parle de crime odieux et la défense plaide l'innocence des accusés
L'audience de l'affaire de la parturiente de Djelfa décédée récemment avec son bébé, qui s'est déroulée, durant 24 heures (de mercredi à jeudi ) au tribunal d'Aïn Ouessara, a été marquée par le requisitoire de la partie civile, qui parle de crime odieux commis sur une femme et son bébé, tandis que le collectif de la défense a plaidé l'innocence de ses clients.Aussi, le requisitoire de la partie civile ont été principalement axé sur la non- prise en charge de la parturiente, décédée avec son bébé, pour cause de négligence et de manque d'humanisme. Les deux avocates de la partie plaignante (civile) ont relaté avec force détails le parcours dramatique de la victime, qui a fait 200 km de route en aller -retour, entre trois hôpitaux de la wilaya, au niveau desquels une prise en charge lui a été refusée, en dépit de ses supplications des sages-femmes. Un refus de prise en charge, garantie par la loi, qui selon la partie civile, lui a coûté la vie, après que les sages-femmes aient procédé à son orientation vers d'autres établissements, sans même prendre la peine de la soumettre aux examens d'usage en de tels cas(prise de tension, vérification de l'état de l'utérus et du bébé, etc.). A son tour le parquet général, dont le réquisitoire est intervenu tard dans la nuit, a axé sur la nature des accusations, concentrées autour du refus d'admission de la parturiente par les hôpitaux d'Aïn Ouessara, Hassi Bahbah et Djelfa, considéré comme étant la cause du décès de la femme et de son bébé, ce qui a dicté, selon le parquet, la détermination de la responsabilité de chaque partie dans cette affaire de façon séparée . Arguant l'introduction d'une plainte déposée par la victime pour négligence de la part des trois hôpitaux susmentionnés, le parquet a ouvert une enquête qui a vu la citation de toutes les parties concernées, avec l'exploitation des appels téléphoniques émis par les accompagnateurs de la victime, et leurs déplacements , en vue de les concorder avec leurs déclarations. Suite à quoi, a poursuivi le procureur de la République, il a été procédé à l'audition des victimes, avec la délivrance d'une ordonnance pour l'exhumation du corps du bébé pour autopsie et expertise légale, dont le choix s'est porté sur une experte en médecine légale, professeur de son état. Après avoir souligné que le but n'était pas de chercher les causes de la mort autant que de faire une expertise profonde de ce qui est véritablement arrivé, il a indiqué que l'expertise en question a répondu à beaucoup de questions, dont le fait qu'il y a eu absence de prise en charge médicale par les trois hôpitaux, ayant fait perdre à la parturiente une chance de survie, d'autant plus que son état nécessitait un acte chirurgical (césarienne) urgent, au moment où la tentative de lui sauver la vie par l'ablation de l'utérus est intervenue trop tard, a-t-il précisé. L'expertise légale a, également, démontré que le bébé est mort in utéro et qu'il n'avait sur lui aucun signe de violence, mais qu'il est plutôt mort d'une hémorragie cérébrale suite aux souffrances vécues par sa jeune maman de 23 ans, dont les cris à l'aide n'ont pas été entendus alors qu'elle était avant ce jour fatal, en parfaite santé, selon son dossier médical. Le procureur de la République a cité le rapport de la commission dépêchée par le ministère de la Santé, dont la conclusion a répertorié une série de déficiences au niveau des trois hôpitaux , tout en enregistrant une ambigüité dans le fait que les sages-femmes aient refusé l'admission de la victime, vu que toutes les conditions s'y prêtaient. A leur tour, les avocats de la défense ont plaidé l'innocence de leurs mandants concernant notamment la falsification d'une attestation médicale portée contre une gynécologue de l'hôpital d'Aïn Oussama et non-assistance à personne en danger concernant les autres accusés dans cette affaire. Ils ont notamment mis en avant le fait que leurs mandants ne sont pas des récidivistes ni des criminels, mais qu'ils ont toujours ?uvré en vue de donner naissance à la vie, en dépit d'un environnement difficile. Les avocats de la défense ont notamment axé sur le fait que toutes les sages-femmes se sont accordées sur l'heure approximative de l'accouchement de la femme alors qu'elles ne se connaissent pas et que celle-ci avait assez de temps devant elle pour mettre au monde son bébé, s'il elle avait bien suivi leurs instructions. Mais malheureusement, les déplacements en voiture ont aggravé son état de santé, ont-ils indiqué. A noter que le parquet général près le tribunal d'Aïn Ouessara a requis, jeudi, une peine de deux années de prison ferme assortie d'un amende de 100.000 da à l'encontre de la gynécologue poursuivie dans cette affaire . Au moment où d'autres peines d'une année de prison ferme et une amende de 100.000 DA ont été requises contre chacune des autres personnes arrêtées dans cette même affaire, soit trois sages-femmes, un directeur de permanence et un contrôleur médical. Lors de cette même audience, le parquet a requis deux mois de prison ferme assortie d'une amende de 20.000 da, contre tout le staff chargé de la morgue de l'hôpital d'Aïn Ouessara. Le président du tribunal a fixé la date du 27 du mois courant pour la prononciation du verdict dans cette affaire.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)