Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se carbonise ?
« Une loi transformée »
L'ultime bande forestière, située au nord du pays, est régulièrement parcourue par le feu dévastant la flore sur des dizaines de milliers d'hectares, et détruisant la faune par dizaines d'espèces. Effectivement, en moins de 15 mois : juin 2007-15 août 2008, et d'après les chiffres annoncés, l'on à dénombré plus de 30.000 ha de forets, maquis, et autres végétations annuelles et pluriannuelles, partis en fumée, soit en moyenne pour ladite période une surface de 2000 ha par mois ; ou encore l'équivalent en TNR - travaux neufs de reboisement - d'un montant avoisinant les 2400 millions de dinars (à 80.000 DA/ha comme pratiqué). Énorme, pour ceux qui savent compter les sous. Sans compter les effets collatéraux en terme environnemental. Ils sont tellement nombreux.
Et ce qui est attristant, en plus de ces pertes, c'est de noter que l'information sur l'ampleur des dégâts se banalise chaque été, et qu'elle parcourt - vocabulaire usité pour designer ces désastres à grande échelle par les professionnels en la matière -, les états d'esprit des gens qui se sont habitués eux aussi, par la force des choses, à humer ce genre de brise charbonnée chaque été, notamment au mois d'Août, provoquant des malaises au sein des riverains aux lieux sinistrés, et asphyxiants les gens âgés ainsi que les malades chroniques habitants à plusieurs kilomètres des jaillissements des flammes.
Il serait utile de remarquer qu'une émanation carbonisée, issue d'un feu de foret, orientée par un vent estival concentrant ses fumées dans une ruelle sinueuse d'une ville ou la canicule sévit équivaudrait, sans que l'on exagère, l'effet d'une fumigation de gaz lacrymogène.
C'est ce genre d'indicateurs dont nous manquons, pour mettre en lumière, et intensifier, les multiples incidences de feux de foret à l'intention des états d'esprits gouvernants les biens publics et gérants les catastrophes et, enfin, de situer avec pénétrance, outre leurs profonds effets sur les écosystèmes, leur niveau de dangerosité sur le bien-être des gens notamment au plan psychosocial. En d'autres termes, et à l'occasion, sur leurs humeurs au cours de cette période pré ramdanesque !
C'est cette perspicacité qui fait défaut pour évaluer, à leur juste dangerosité, les impacts dudit fléau et ce, afin d'interpeller constamment les pouvoirs publics, et d'informer au mieux l'opinion publique, sur cette récurrente ambiance étouffant les villes et enflammant, en désastres économiques, les terroirs d'une part et, d'autre part, d'étudier avec pertinence ce phénomène causé par divers facteurs - que certains assurent qu'ils sont déjà connus -, afin d' établir toute une stratégie osée et bâtie, justement, sur des pistages d'autres indices, en plus des répertoriés, car tout phénomène de cette nature évolue selon son milieu et ses propres lois . L'essentiel est d'anticiper sur le cycle du mouvement.
Dans le même ordre d'idées, une émission scientifique diffusée au début de cette semaine, sur Euronews, a montré avec doigté le phénomène inquiétant de la déglaciation de la calotte de l'arctique. Des envoyés spéciaux pertinemment instruits, sur ce danger planétaire, ont interviewé un certain nombre de riverains qui ont émis en toute latitude leurs sensations, appréhensions, et vérités telles qu'ils les saisissent et ce, sans ambages, avec beaucoup d'alarmisme sur les dangers planants sur la banquise. A l'inverse de nous autres, transformant le tout va mal en tout va bien... Madame la marquise ! (1).
Ceci dit, et qui reste d'actualité, l'objectif de l'émission est d'actualiser les découvertes et de montrer, au plus prés, les agissements dudit phénomène, par différentes connaissances éprouvées et d'indices fiables, certains signes révélateurs d'une catastrophe qui se profile à l'échelle planétaire et ce, en une dizaine de minutes mais combien édifiantes et instructives.
A ce titre, elle a suscité, non pas seulement des craintes, mais une prise de conscience anticipant les réalités, déjà vécues par les ethnies polaires, ainsi que sur les autres êtres vivants, notamment les plus proches de la banquise. Ces courts métrages ne cessent de nous rappeler les causes de la dégradation de notre planète et les probables effets à court, moyen et long terme, illustrés par des techniques d'observations poussées pour mesurer son processus, et d'émettre des hypothèses sur ses finalités aux organismes concernés, en la matière, ainsi qu'a l'ensemble de la communauté mondiale.Le tout, formulé par divers scénarios argumentés et, donc, convaincants.
Cela dit, il serait pertinent d'ajouter que la recherche scientifique et les innovations liées, sont à la portée de tous les êtres humains censés les adopter et adapter, dans le bon sens, afin de mieux comprendre le mouvement des éléments de l'univers qui nous entourent et dont certains nous agressent, ainsi que de devancer sur les problèmes qui en découlent. Et, ainsi de suite ! Des pays ont compris, à juste titre, que c'est cette voie qui les mènerait au progrès, d'une part et, d'autre part, leur permet de mieux cibler et maîtriser les enjeux du futur.
A ce tire, l'Iran qui à su les saisir à leur juste mesure, vient de lancer une fusée spatiale autonomisée, par des intelligences iraniennes, aux multiples objectifs scientifiques. Posséder l'énergie nucléaire, c'est aussi avoir la tentation de s'élancer vers les cimes de la connaissance et de côtoyer les étoiles. Une étincelante percée ! Alors que chez nous, beaucoup de gens ne cessent de vaticiner sur la bonne ou mauvaise étoile - baraka - des personnes, d'un individu, ou encore se donnent des raisons, afin d'instaurer une ambiance délétère ou personne ne retrouverait son nord, comme on dit, alors que des réalités nous assiégent au plus profond de notre raison d'être malmenée, en plus, par toutes sortes d'aléas. Ceux géo climatiques du milieu méditerranéen étant connus par ce qu'ils génèrent, entre autres, des variations brusques de températures notamment torrides et, donc, de prédisposition végétale à l'enflamme, notamment en rive sud, mériteraient cependant à être mieux cernés plus qu'avant, et actuellement, nécessairement repensés écologiquement et ce, à la lumière de la concentration urbanistique et autres routes envahissantes sillonnant les alentours des forets et maquis et, donc, les enserrent de plus en plus dans des aires de moins en moins protégées aussi bien des caprices du climat - inondations érosives générant en même temps de l'embroussaillement dans les thalwegs et autres larges accotements, d'où des lieux incendiaires de prédilection -, que des agissements directs du genre humain en terme d'occupation irrationnelle de son espace, et autres actes de non bonne gouvernance, des zones champêtres, aussi bien par les institutions que de la société rurale tout court.
En revanche, dans des contrées de la rive nord, le mode de gestion des forets a évolué corrélativement à celui du mode vie fortement urbanisée et diffère selon les microclimats des régions, les régimes fonciers respectifs...Il est utile et édifiant d'ajouter, dans ce sens, que leurs citoyens en général et la gente forestière, en particulier, ont des dispositions conservatrices, pour leurs forêts, mieux ancrées et assumées que chez nous autres ; que les moyens humains et matériels sont assez fournis, et qu'ils sont aussi mieux combinés en cas d'incendies. Tout cela ne justifie en rien, les insuffisances tenaces observées dans notre pays ou l'on enregistre un taux inquiétant de foyers de feux de forets devenant insoutenable, car se chiffrant à des dizaines par jour, et pullulant là ou le patrimoine forestier est le plus concentré notamment dans les versants nord des massifs !
D'après les informations, en la matière, on est au premier rang à l'échelle du Maghreb dans cette déperdition. Le bilan des dégâts risque, malheureusement, de s'alourdir d'ici la fin octobre 2008.
En attendant, et outre un mode de gestion forestière désuète, la politique actuelle d'aménagement du territoire dans son ensemble, ne tienne pas tellement compte de la fragilité respective des divers étages bioclimatiques du pays et reste obnubilée, de par ses programmes aménagistes non coordonnés du reste, par d'autres objectifs d'immédiateté conjoncturelle, se voulant structurants qui, à terme, vont montrer les immenses dégâts sur ces écosystèmes désormais en mouvement de dégradation avérée.
D'une année à l'autre, des massifs se rapprochent, de plus en plus, des périls humains. Une situation à hauts risques à plus d'un titre. Un drame terrible pour nos pauvres forêts. A ce propos, et outre ces dangers , des projections fondées laissent présager que l'étirement des forêts vers plus au nord de la méditerranée, est irréversible. Car la désertification multiforme de la rive sud, et même dans une grande partie de celle du nord, est inexorable. Ce qui inquiète le plus, dans tout çà, c'est l'accélération du processus notamment dans notre pays.
Les forets, de la Grèce, de l'Italie, l'Espagne et du Portugal_ sont également ravagées, chaque été, par des flammes de plus en plus tentaculaires. Ce qui prouve, que leurs grandes forêts exubérantes - comme c'etait chez nous il y'a plus de deux siècles - se rétrécissent à cause du réchauffement climatique planétaire conjugué, en plus, aux hausses de températures de plus en plus accentuées localement.
Dans le même ordre d'inquiétudes, il convient de préciser que le Haut conseil de développement de la montagne, crée depuis un certain temps, n'a montré aucun signe de vie ni d'activités, dans ce sens, encore moins qu'il aurait tracer un programme d'actions massifiées à l'intention des montagnards et autres riverains, afin qu'ils adoptent, en toute autonomie, le mode vie qu'il faut, pour une protection contre les dommages d'où ils viennent, et comme il le faut. Des citoyens ne sont même pas au courant de son existence !
Pourtant que nos montagnes, même dégarnis de toutes végétations, sont belles et méritent une telle institution qui leur serait totalement consacrée, tout en sachant que des efforts ont été fournis dans ce sens, mais restent en deçà de l'immense défi en présence. Du pot de terre contre celui de fer. Donc, il serait salutaire d'initier constamment de nouvelles démarches mieux inspirées. Un nouvel état d'esprit d'où se dégagerait la notion admissible, pour ceux qui en saisissent le sens profond, et qui est : Celui qui ne pourrait réaliser rien avec peu de choses, ne pourra le faire que difficilement avec plus de moyens.
D'autres visions de protection, de ce peu de richesses floristiques et faunistiques, malgré toutes les déperditions en cours et, hélas, pressenties à long terme, devraient configurer d'autres voies et moyens à même de les incorporer au sens de l'existence et au devenir même des riverains de proximité ainsi que ceux les avoisinants. En d'autres termes, que ces écosystèmes deviennent des lieux de loisirs et cultures avantagées, de recréation citadine régulière et surtout organisée en permanence voire supportée financièrement et plein d'équipements adéquats pour lutter contre tous les aléas. De véritables lieux de replis, en terme de luttes contre tous les ennemis de la nature. Des réserves existent dans ce sens mais à la merci, elles aussi, aux divers aléas dont le feu, car sous-équipées.
Donc, de pertinents projets en la matière sont indispensables. Cela , va des petites aux grandes structures touristiques champêtres aussi bien privés qu'étatiques socio-éducatives, sans exclusivité ni limites contraignantes, popularisant ce genre de rapprochement écologique multivalent, à l'instauration d'un réseau fourni de surveillance aéroporté, interconnecté savamment avec des unités mobiles d'actions rapides, jusqu'aux gros engins volants et terrestres d'interventions contre la moindre étincelle d'un feu, ou la surveillance satellitaire ne soit plus une simple vue de l'esprit.
Sur un autre plan de vision de clarté, il est devenu aberrant voire anti-économique de reboiser à perte - tout en justifiant le déficit de boisement cumulé depuis lurette et qu'en plus en milieu inconvenable -, et que l'on continue de le faire avec les mêmes méthodes qui ont pourtant montré leurs limites voire leur inefficacité et, de surcroît, engloutissent des sommes colossales d'argent qui auraient mieux servies a l'entretien, rationnel et effectif, des _bosquets de pin d'Alep entre autres mesures de conservations de ce qui existe.
En effet, un pin d'Alep ressurgissant naturellement vaut au moins 5 ha de jeunes reboisements ou la réussite est aléatoire voire vouée à l'échec complet. A ce titre, le nombre de grains éjectés, chaque année, par ses akènes - cônes - en sont la preuve. C'est ces semences qui régénèrent, conditions climatiques y aidant, une jeune belle futaie sur plusieurs hectares en moins de 10 ans, et dont l'ancêtre fut carbonisée en quelques dizaines de minutes.
 Pour suivre phénologiquement tout cela, il faut non pas seulement des véhicules, des cartes et canevas, souvent trompeurs d'ailleurs, mais de véritables expéditions scientifiques, à même le terrain, sur de longues périodes menées par des gens animés par l'amour du métier et non par celui de rentier et autre bureaucratisme !
D'une année à l'autre, des massifs se rapprochent, de plus en plus, des périls humains. Une situation à hauts risques à plus d'un titre. Un drame terrible pour nos pauvres forêts.
Le feu est une matière d'étude et d'analyses comme tout autre péril - à l'image du premier élément de la nature en l'occurrence l'eau diluvienne - nous à accompagné, depuis la nuit des temps et, a condition de prospecter et d'anticiper par des indicateurs de prévoyance les causes et manifestations, pourrait être étouffé dés ses premières flammèches, ou du moins circonscrit en de faibles proportions de dangerosité, par un package d'équipements de lutte qu'on aurait installé au préalable sur les lieux d'incendies, ainsi probabilisés par des investigations scientifiques poussées.
Dans le même ordre des valeurs, il a été prouvé que n'importe quelle entité, institution, individu, en face à des problèmes les surpassant, par mégarde voire de l' incompétence, ne peuvent que chuter dans le non-sens et la routine des insuffisances voire inefficiences et autres échappatoires. Le feu est l'un de ces problèmes tracassant et_.dévoilant l'arbre cachant la forêt !
En attendant, d'honnêtes gens de la forêt luttent jours et nuits, avec les hommes du feu, contre cette calamité au prix de la mort de braves hommes. C'est, d'ailleurs, comme ça que le pays fonctionne pratiquement dans tous les domaines : Par quelques poignées de bonnes volontés des humbles qui, généralement, sont moins payés qu'un scribouillard de bureau de... l'APN ! Que des absurdités. Mais, jusqu'à quand cette aberrante échelle de valeurs?
NOTES :
1- En 1965, à Djelfa, un prospecteur de lutte anti-acridienne s'accoutrait chaque matin, en homme de terrain d'une façon excessivement champêtre - pataugas, jean, veste rustique, chapeau de brousse...- pour impressionner - duper - l'entourage professionnel. En vérité, il avait un grand troupeau de moutons avec qui il « prospectait », et il s'en foutait pas mal des zones où se trouve le criquet marocain (Dociostorus marocanus) endémique à la région. Avant-midi, il transmet chaque jour le résultat de ses prospections : R.A.S., sur toute la ligne reproduisait-il en trois lettres à la gouverne du Chef de daïra.
Un jour de mois d'août, une nuée de sauterelles envahit le bureau même dudit fonctionnaire.
Alors, celui-ci convoquât sur le champ ledit prospecteur et lui dit, tout en pointant du doigt le grouillement d'acridiens,
Rien A Dire ? R.A.D !
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Brahimi
Source : www.lequotidien-oran.com