Une dame de fer et de charité
A Djelfa, sa ville de toujours, tout le monde en parle, car c?était une belle dame, d?une grande bonté et d?une humilité sans faille. C?est sans doute l?un des rares exemples de la région, autour duquel un large consensus social peut se faire. Dès qu?une brouille ou un différend survenait dans la cité, la seule évocation de son nom participait de moitié déjà à la réconciliation, car elle était d?une droiture et d?une fermeté légendaires. De l?avis de ses congénères, y compris dans la sphère du pouvoir où elle était bien introduite, c?était une dame de fer, du solide, eu égard au nombre d?affaires où elle avait intercédé. Lorsque le devoir l?appela afin de participer à la lutte de la Libération nationale contre l?occupant français, elle n?avait pas hésité un instant à répondre présent en s?enrôlant dès 1954 dans les rangs de l?OCFLN. Elle activa, l?arme à la main, dans le réseau de résistance sur l?axe Alger-Djelfa-Chlef, mettant à contribution toute sa fortune en or et, d?un coup, elle avait au lendemain de l?indépendance tiré un trait sur son passé patriotique, comme si de rien n?était, pour se consacrer prioritairement à l?action humanitaire et caritative. Preuve, elle n?avait jamais demandé une quelconque rétribution pour services rendus à la nation, ni même exhibé sa carte de moujahida en quelques circonstances que ce soit. Bien au contraire, son humilité était telle qu?elle lui a valu, peu avant sa mort, une invitation de la part du premier magistrat du pays qui la connaissait personnellement. El hadja Awali, puisque c?est d?elle qu?il s?agit, de son patronyme Chileg, était de son vivant une femme mondaine, d?un raffinement ostentatoire et qui aimait la vie de château. Belle et élégante jusqu?à son dernier soupir, au point d?avoir dans sa prime jeunesse fait vibrer plus d?un c?ur et fait rebuter de nombreux autres courtisans, cette figure emblématique, qui habitait rue Mogador à Alger, gardait toujours un ?il sur Djelfa où elle tenait beaucoup à conserver un pied à terre. Elle demanda qu?on fît don d?une partie de ses biens à des orphelins nommément désignés par elle, avant de s?éteindre sur son lit auprès des siens à l?âge de 90 ans, laissant derrière elle plus que des anecdotes, toute une histoire qui mérite biographie. Avis aux écrivains de la région.
BARAKALAHOU FIKH POUR L AUTEUR
BLAD BLADI - HASSIDELLAAA, Algérie
18/10/2011 - 20847
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Abdelkader Zighem
Source : www.elwatan.com