Autrefois «tabous» car il y en a bien eu par le passé et il y en aura encore, les cas liés aux erreurs et autres négligences médicales font parler d'eux de plus en plus ces derniers temps.M. Kebci - Alger (Le Soir) - A peine si le scandale du décès d'une parturiente et de son bébé à Djelfa, en juillet dernier, vient de connaître son épilogue avec le verdict prononcé récemment par le tribunal de Djelfa condamnant la gynécologue à 10 mois de prison avec sursis et 2 mois fermes pour «négligence» et établissement de faux documents, deux sages-femmes, un directeur de garde et un infirmier à une peine de 6 mois de prison avec sursis chacun pour «négligences», qu'un autre cas similaire se produit à l'ouest du pays.
Un nouveau-né vient de décéder, en effet, à la clinique de gynécologie-obstétrique Lalla-Kheira du chef-lieu de wilaya de Mostaganem. Et le père du nouveau-né décédé, soupçonnant des négligences à l'origine de cette mort, a déposé une plainte ayant débouché sur l'inculpation par le service de wilaya de la police judiciaire de la Sûreté de wilaya de sept employés de ladite clinique de gynécologie-obstétrique. Une inculpation intervenue au bout d'investigations ayant débouché, autopsie à l'appui, sur le fait que le nouveau-né était en vie et que sa mort serait due à une chute, ce qui implique une négligence ayant entraîné une mort involontaire et l'étouffement de l'affaire avec la complicité de tout le staff médical composé d'un spécialiste, d'un permanencier et de sages-femmes. Un autre cas de négligence qui ne manquera certainement pas de susciter des inquiétudes au sein des familles ayant des femmes enceintes ou en voie d'accouchement. Sauf que le président du conseil de l'ordre national des médecins tient à relativiser ce que certains qualifient de phénomène. «Des cas de négligences et d'erreurs médicales interviennent régulièrement même dans les pays qui possèdent les systèmes de santé les plus performants», affirmait, hier, le Dr Mohamed Bekkat Berkani. Et de regretter, dans la foulée, le «tapage médiatique» fait autour de chaque fait intervenu. Des faits «désolants qui doivent, néanmoins, être éclaircis afin de déterminer la ou les responsabilités (responsabilité du praticien, de l'administration et la responsabilité d'équipe, etc.)».
Dr Bekkat met, par ailleurs, le doigt sur la «jurisprudence» de la justice, tout comme l'administration qui doit, selon lui, «accomplir ses missions», du fait que, argue-t-il, «l'Algérie est un Etat de droit qui a ses institutions».
«Des manquements à la déontologie, des fautes et des erreurs doivent être appréciés loin de toute passion», estime notre interlocuteur qui met également ces regrettables faits sur le compte des «dysfonctionnements de notre système de santé national, entre autres, le manque de praticiens, de paramédicaux, de moyens matériels, voire de médicaments».
Un médecin ayant requis l'anonymat, exerçant à Alger, abondera dans le même sens, estimant «excessif» l'intérêt médiatique accordé à ce qu'il qualifie de «faits divers», regrettables il est vrai, mais qui surviennent «partout dans le monde».
Notre interlocuteur insiste sur la «confiance» du malade et la «conscience» du praticien, un malade qui doit, selon lui, «davantage faire confiance à la science, aux connaissances scientifiques et pas aux notions charlatanesques» qui font de plus en plus fureur au sein de notre société.
Cela dit, aussi bien le président du conseil de l'ordre des médecins que notre interlocuteur anonyme sont d'accord pour dire que ces faits liés aux erreurs et autres négligences médicales doivent servir de débat sur la «fiabilité» de notre système de santé.
Il faut noter, enfin, que toutes nos tentatives de prendre attache avec le ministère de la santé, de la population et de la réforme hospitalière et celui de la Justice étaient vaines tant leurs chargés de la communication étaient injoignables.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M K
Source : www.lesoirdalgerie.com