Dans la wilaya de Djelfa, la cherté de la vie et surtout la pauvreté causent énormément de mal à une population très démunie. Sur le plan de la pauvreté, à Djelfa, l'une des premières causes est le grand taux d'analphabétisme. Près de 50 % de la population ne sait ni lire ni écrire. Cette situation engendre un chômage très fort. Sans instruction et sans diplôme, on ne peut trouver du travail. Même pour le recrutement de gardien ou de simple ouvrier, le test est obligatoire. Ceci dit, même les universitaires sont sans emploi à cause du manque de postes budgétaires au niveau des différentes administrations. Il est vrai que le plus grand taux d'analphabètes se trouve dans les zones rurales. Dans les villes, un phénomène a tendance à s'amplifier, les parents sont obligés de retirer leurs enfants très tôt de l'école, faute de ne plus pouvoir supporter les dépenses nécessaires à leur scolarité (fournitures scolaires, droit d'inscription, livres, habits et même le transport qui n'est pas à la portée de toutes les bourses). Les enfants des cités Zériaa, Fosha, Bensaïd, Aïn Srar ou encore Chaoua, vont à l'école en habits très usagés ou carrément déchirés et en sandales en caoutchouc, même pendant l'hiver très rude dans la région et où la neige et la pluie sont abondantes. Plusieurs responsables d'établissements scolaires ont découvert que beaucoup de leurs élèves viennent le matin à l'école... à jeûn, parce qu'ils n'ont chez eux ni à boire, ni à manger ! D'autres écoliers ne vont pas chez eux entre midi et quatorze heures et attendent que leurs camarades de classe leur apportent quelque chose à manger près de l'enceinte de l'établissement. Des enfants dans une telle situation, peuvent-ils suivre et assimiler les cours ?
La polygamie est un autre phénomène très répandu dans la région. Cet état de fait donne l'occasion aux concernés de «produire» beaucoup d'enfants qui, pour la plupart, deviendront, un peu plus tard, un fardeau insupportable pour leurs parents et pour la société. Ceci n'est pas un tabou. Il y a dans la région des personnes qui ont trois épouses et plus de... 30 enfants et qui, dans la plupart des cas, confondent les noms de leurs enfants, tellement nombreux !
Et que dire des mendiants qui sont partout. Il fut un temps où le mot mendiant était associé à un vieux où une vieille. Ce qu'on voit actuellement est invraisemblable. Des enfants de 08 ou 10 ans (et des fillettes surtout), des femmes seules portant des bébés ou même des familles entières s'adonnent à la mendicité. On ne peut plus entrer dans une boulangerie ou une épicerie sans être abordé par des personnes demandant l'aumône. La situation devient de plus en plus inquiétante et la pauvreté gagne du terrain. La misère s'amplifie de jour en jour et la vie devient extrêmement difficile pour cette catégorie de la société. Beaucoup de citoyens disent : «Dans ce pays riche de ses gisements de gaz et de pétrole, des gens n'ont ni à manger, ni à boire, ni de quoi s'habiller et encore moins de quoi se soigner».
Néanmoins, il existe parmi ces gens, des personnes qui ne se lamentent jamais, qui ont la foi en Dieu, qui acceptent leur destin et attendent des jours meilleurs. Leur grande piété leur donne du courage et de la patience et constitue leur seul trésor dans la vie. Et que dire encore de la prime de 2.000 DA (qui sera élevée à 3.000 DA) et qui est censée toucher tous les pauvres. La daïra ne donne cette prime que pour 48 % de l'effectif de chaque établissement et la distribution n'est nullement équitable. A titre d'exemple, on donne un même quota aux établissements situés au centre-ville et à ceux situés dans des cités très pauvres. Ce dysfonctionnement pénalise beaucoup de familles et donne du tournis aux chefs d'établissement qui se retrouvent constamment en conflit avec les parents qui se sentent lésés et qui rejettent la responsabilité sur le directeur de l'établissement qui n'en a, en réalité, aucune.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Bekaï Abdelkader
Source : www.lequotidien-oran.com