Djelfa - Revue de Presse

Djelfa. Ça a failli dégénérer



C'est d'une percussion qui s'est produite entre deux véhicules au centre-ville qu'il s'agit. En apparence, cela paraît banal car, non seulement ce genre de désagrément arrive presque quotidiennement mais en plus, pour cette fois, les dégâts matériels sont insignifiants et l'incident, sans gravité pour les deux conducteurs, aurait pu être réglé à l'amiable sans le recours à la violence physique aux conséquences parfois incommensurables ! En réalité, ce malencontreux événement a pris une mauvaise tournure, voire un sens qui aurait provoqué une protesta à grande échelle ! L'ennui est que le pépin, qui a eu lieu devant l'hôtel de police, a opposé un policier en civil à un usager qu'on aurait pu penser ordinaire mais qui se trouve être le secrétaire général de l'union de wilaya UGTA, M. Bouraghda, un homme de 60 ans, réputé sage et en plus atteint de plusieurs maladies chroniques, dont le diabète. Selon des témoins oculaires, à peine descendu de son véhicule après la survenance de l'incident, le policier, après avoir proféré des injures obscènes, tira l'infortuné sexagénaire par le col vers le poste de police de l'hôtel et, sans crier gare, lui assena un coup de poing au visage et un coup de pied au bas-ventre. Très rapidement, un attroupement d'une centaine de citoyens s'est formé autour de M. Bouraghda et le policier, qui a frôlé le lynchage, a vite fait de prendre la poudre d'escampette pour se réfugier dans l'enceinte du célibatorium de la police. La tension est montée de plusieurs crans et l'endroit a été investi par une nuée de gens, des syndicalistes et autres, venus à la rescousse, et réclamant le policier. Il a fallu le déploiement d'un nombre important de commissaires et d'officiers et la promesse « de faire le nécessaire » pour arriver à disperser cette foule en furie ! Selon la victime que nous avons jointe par téléphone et à qui le médecin légiste a prescrit un arrêt de travail de 21 jours, « ce qui me paraît plus grave que mes contusions, c'est le fait que cet agent a dégainé son arme pour me mettre en joue ! » A coup sûr, la ville a manqué de justesse de vivre un épisode infernal à cause de l'imprudence d'un policier, devenue d'ailleurs très courante en Algérie. Nous sommes partis à l'information du côté de la sûreté de wilaya pour en savoir plus sur les mesures qui auraient été éventuellement prises. Le commissaire nous a déclaré : « Il faut savoir que cet agent était en situation d'inactivité ? maladie ? et qu'en tout état de cause, dès lors qu'il y a coups et blessures volontaires et un certificat médical, la procédure en vigueur est automatiquement mise en branle », et d'ajouter : « L'agent a été désarmé, mis aux arrêts et suspendu à titre conservatoire ; en attendant que le dossier soit soumis au parquet, la DG de la Sûreté nationale en a été avisée. »
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