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Ces écrivains qui nous ont quittés



Ces écrivains qui nous ont quittés
Nabile Farès Malek Chebel Abderrahmane ZakadMalek Chebel, Nabile Farès, Chabane Ouahioune, Hamid Nacer Khodja, Abderrahmane Zakad, Mohamed Brahim Salhi, Omar Mokhtar Challal, etc...Ces écrivains nous ont quittés en cette année 2016 mais ils ont légué des oeuvres importantes et incontournables à la postérité. L'année 2016 a été particulièrement triste pour le monde littéraire en Algérie. Plus d'une dizaine d'écrivains sont décédés au moment où certains d'entre eux, vu leur âge, pouvaient encore abreuver la littérature et le monde du livre algérien. Mais le destin en a voulu autrement. D'ailleurs, lors du dernier Salon international du livre, qui a eu lieu en octobre et novembre derniers, l'absence de certains auteurs qui lui étaient fidèles (Hamid Nacer Khodja, Abderrahmane Zakad, Malek Chebel) a été pesante. L'un de ces auteurs, qui venait régulièrement agrémenter de sa touche le Sila est l'islamologue Malek Chebel. Ce dernier qui y animait des conférences, accordait volontiers des interviews aux médias écrits et audiovisuels et dédicaçait ses livres au grand bonheur des milliers de lecteurs de cet écrivain prolifique et érudit. Il s'est éteint, prématurément, le 12 novembre 2016, à l'âge de 63 ans seulement. L'oeuvre de Malek Chebel est monumentale et ses livres ont notamment trait à l'islam mais appréhendé sous un nouvel angle et avec le regard perspicace de ce grand intellectuel, lucide et prolifique. La faucheuse n'a pas épargné, non plus, l'intellectuel, écrivain, poète et critique littéraire Hamid Nacer Khodja, lequel, en plus d'avoir toujours été un fidèle du Sila, a également été membre du jury de la première édition du Grand Prix littéraire Assia Djebar. En 2015, il était là et en 2016, il n'y est plus. La vie peut ainsi paraître cruelle mais elle est ainsi. Hamid Nacer Khodja est peut-être l'écrivain qui a laissé le plus grand vide dans l'espace littéraire algérien en cette année 2016 pour une multitude de raisons. D'abord, par son omniprésence aux activités culturelles qui se déroulaient en Algérie mais aussi pour son côté humain extraordinaire, de l'avis de tous ses amis et collègues. Hamid Nacer Khodja était en quelque sorte le «Google» de la littérature algérienne puisque celui qui était à la quête d'une information ou d'un détail quelconque sur n'importe quel aspect de la littérature de notre pays, n'hésitait pas à contacter Hamid Nacer Khodja. Ce dernier avait souvent la réponse et même la documentation qui lui était inhérente. Ce poète, dont l'idole était Jean Sénac, est décédé le 17 septembre à Djelfa, à l'âge de 63 ans, à la veille de la tenue du Sila dont il était un mordu. Le sourire de Hamid Nacer Khodja, le grand spécialiste du poète Jean Sénac, hantera et manquera tant à tous ceux qui l'ont connu à Alger, à Djelfa où il vivait humblement, ou un peu partout ailleurs, même en France. En 2016, la Kabylie a perdu deux écrivains, l'un romancier et l'autre essayiste. Le dernier écrivain de la génération de Mouloud Mammeri, Chabane Ouahioune, s'est éteint le 4 avril 2016 à l'âge de 94 ans, non sans avoir publié un ultime livre aux Editions Enag, L'Aigle du rocher. A l'instar de tous ses livres, ou presque, ce dernier récit de Chabane Ouahioune dégage, à travers ses phrases et ses descriptions, les senteurs des champs, des forêts de Kabylie mais aussi de cette société qui s'est entièrement métamorphosée en l'espace de quelques décennies. Chabane Ouahioune est allé rejoindre Boukhlafa Bittam, Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun... A Tizi Ouzou aussi, l'écrivain et professeur d'université, le très discret, Mohamed Brahim Salhi, a quitté ce monde. Il avait publié deux livres de référence, l'un sur la Tarika Errahmania et le soufisme en général et l'autre, Algérie, citoyenneté et identité sur le combat identitaire amazighe en Algérie. N'étant pas le genre à s'exhiber, Mohamed Brahim Salhi demeure malheureusement inconnu, hormis dans les milieux universitaires. Pourtant, il était un intellectuel de valeur et ses livres resteront une référence dans les domaines qui sont les siens. Ecrivain, poète et homme de théâtre, spécialiste du géant Kateb Yacine, Omar Mokhtar Challal, est parti à l'âge de 70 ans, le 14 mai dernier dans la région de Sétif. Un autre romancier, qui écumait plusieurs stands du Sila et qui était amoureux des lettres et du milieu du livre, s'est retiré de la scène. il s'agit de l'écrivain Abderrahmane Zakad, décédé à l'âge de 78 ans, le 7 juillet 2016. Psychanalyste et romancier de talent, Nabile Farès, a aussi tiré sa révérence en cette année 2016. Il avait 76 ans et une oeuvre littéraire considérable touchant à plusieurs genres dont le roman et l'essai. Il nous a quittés le 30 août dernier. Comme on peut le constater, l'année 2016 a été, en quelque sorte, fatale pour le monde littéraire algérien puisque plusieurs de nos meilleurs écrivains sont décédés. Mais l'espoir n'est pas pour autant anéanti puisque fort heureusement, dans le domaine de l'écriture, la relève est assurée en Algérie, aussi bien en tamazight qu'en arabe et en français, comme en atteste cette profusion de nouveaux auteurs dont ceux qui réussissent à obtenir notamment les prix littéraires annuels comme le prix Assia Djebar et le prix Mohammed Dib.
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