
Comme à l'accoutumée, l'espace de lecture de Boufarik, à travers son café littéraire, a invité l'écrivain Abderrahmane Djelfaoui, venu raconter et présenter une personne forte de caractère, une militante de la cause algérienne et une noblesse d'âme, en la personne de la poétesse et auteur du recueil Algérie, capitale Alger.Il s'agit d'Anna Gréki de son nom de plume et de son vrai nom Colette Grégoire, native de Menaâ (Batna) en mars 1931. «C'est une personne qui m'a accompagné depuis une trentaine d'années en tant que poétesse, j'ai découvert en elle un être humain, une militante, elle s'exprime d'une manière très forte, très claire et très posée dans sa poésie, elle, et beaucoup de militantes ont laissé un fabuleux patrimoine à ne pas oublier , il faut en parler», confie le conférencier. Déjà bachelière à 16 ans, à 22 ans elle est à la Sorbonne pour des études en littératures, mais Colette Grégoire, l'Algérienne, a tout abandonné pour participer à la guerre de libération.«Elle fut arrêtée en 1957, alors qu'elle n'avait que 26 ans. Après avoir été torturée dans la villa Sésini, elle est transférée à Serkadji et mise dans une cellule avec 40 femmes, toutes emprisonnées pour la même cause, dont Djamila Bouhired, Zhor Zerrari, Annie Steiner, ainsi que Nassima Heblal, la secrétaire de Abane Ramdane et Benyoucef Benkhedda». Après deux années de détention, elle fut expulsée vers la France, puis envoyée par la Fédération de France du FLN en 1960 vers la Tunisie, où elle rejoint son mari, Jean Melki. En rentrant en Algérie et ayant repris parallèlement ses études, elle enseigna la littérature française au lycée Emir Abdelkader.Dès lors, elle publia tous ses poèmes dans un recueil, Algérie capitale Alger, en Tunisie, en 1963, avec une préface écrite par Mustapha Lachref. Elle mourut en 1966, à l'âge de 33 ans. «Son histoire est fabuleuse, elle est hors du commun, pour que les générations futures n'oublient pas de sitôt Anna Gréki, et beaucoup d'autres écrivains et poètes ayant contribué, à leur manière, à la libération du pays», conclut Abderrahmane Djelfaoui.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : T Bouhamidi
Source : www.elwatan.com