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Aïd El Adha: Le marché du mouton échappe au contrôle de l'Etat



Aïd El Adha: Le marché du mouton échappe au contrôle de l'Etat
? Ces derniers jours, et dans l'ensemble, les commentaires sont devenus positifs. Il s'agit des prix des moutons destinés à l'Aïd el Adha, qui cette année sont plus ou moins abordables, selon des acheteurs. Interrogés, plusieurs acheteurs ont souligné que les prix des moutons sont cette année ‘'raisonnables», sinon ‘'abordables». En moyenne, les prix sont dans la fourchette des 35.000 DA à 50.000 DA pour des béliers respectables, avec plus de 20 kg de viande. Pour les béliers de race, au-delà des 30 kg de viande, les prix varient entre 55.000 DA et 70.000 et peuvent aller jusqu'à 90.000 dinars. Mais, la moyenne est légèrement au-dessus des 30.00 dinars, selon des vendeurs de mouton. ‘'Nous avons préféré différer nos achats cette année à deux semaines seulement de l'Aïd el Adha, car les prix étaient assez élevés durant les deux premières semaines du mois d'août», nous a confié un revendeur à Blida, point de chute des béliers de race, dont ceux d'Ouled Djellal, ou des élevages de Djelfa, Aïn Oussera ou les hauts plateaux de Hassi Bahbah. ‘'Mais, depuis quelques jours, la tendance est à la baisse des prix des béliers», ajoute le même revendeur, selon lequel ‘'les prix de l'aliment du bétail sont en hausse, ce qui dissuade certains éleveurs à trop négocier avant de vendre». Pour autant, les professionnels de la filière dénoncent l'intrusion dans ce marché du mouton de revendeurs occasionnels, qui sont en réalité à la source de la hausse souvent exagérée des prix des béliers. A Alger, Constantine, Sétif, Oran, Annaba et généralement dans les grandes villes du pays, la majorité des revendeurs de moutons installés aux carrefours des centres urbains sont des revendeurs occasionnels, des ‘'beznassas» (affairistes). Très souvent, ils achètent sur place, dans les régions d'élevage et se font acheminer leurs bêtes par les éleveurs jusqu'aux abords des grandes villes. La surenchère des prix sur les moutons leur fait gagner plus de 5.000 DA par tête. Face à cette situation qui pénalise les bas salaires et les retraités, tout comme le marché qui est dès lors perturbé, désorganisé, les professionnels de la filière de l'élevage de moutons estiment que la création d'une coopérative de vendeurs de mouton est la solution idoine face aux spéculateurs et la hausse des prix. ‘'Seule la création de coopératives peut stopper la spéculation sur les prix des moutons», avait indiqué dans une déclaration à la presse le vice-président de la Fédération nationale des éleveurs et de l'élevage (FNEE), Ibrahim Amrani. Bien plus, il estime que le marché du mouton échappe complètement au contrôle de l'Etat. Mais, la nouveauté depuis quelques années est que les Algériens sont de plus en plus séduits par l'achat de moutons en ligne. Sur le site spécialisé ‘'Oued Kniss», plusieurs revendeurs proposent des béliers à différents niveaux de prix, dont le plus élevé va jusqu'à 90.000 dinars, et le plus bas à 35.000 DA. ‘' Elevage des moutons de ferme bio, qualité de Djelfa pour l'aïd et vos fêtes de mariage. Vente en gros et détail. Prix 35.000 DA», indique une annonce, alors qu'une autre, qui propose la livraison gratuite au domicile de l'acheteur, propose des prix en moyenne de 35.000 DA. Une autre annonce propose des ‘'moutons de première main, élevés en ferme à Aïn Oussera, wilaya de Djelfa. Nourriture soigneusement adaptée pour leur régime. Les prix sont fixés à partir de 38.000 DA.» Bref, le mouton devient même virtuel avec la profusion des annonces de vente en gros et au détail. Mais, selon la fédération nationale des éleveurs, rien ne vaut la mise en place de coopératives de vente de moutons spécialisées autour des grandes villes, qui permettraient de ‘'transmettre le produit directement au consommateur et d'éviter toutes sortes d'anarchie.» Pour le moment, le ministère de l'Agriculture semble complètement absent, et la seule initiative qu'il a faite cette année a été de tenir une réunion pour le choix des sites de ventes et un appel aux citoyens pour éviter les points de vente parallèles, laissant le marché en pleine désorganisation, et confiant même la ‘'patate chaude» aux walis pour mettre de l'ordre dans la filière et encadrer le marché et l'abattage par les vétérinaires. Cette année, le ministère de l'Agriculture a ainsi défini seulement 23 sites de vente directe de moutons repartis dans huit wilayas (Alger, Blida, Oran, Tizi Ouzou, Constantine, Tipasa, Annaba et Boumerdès). Les sites de vente choisis par l'Etat sont généralement des fermes pilotes, des coopératives agricoles ou des terrains dépendant des communes ou d'une société étatique. La vente du mouton dans les 40 autres wilayas du pays, dont celles de production comme Djelfa, El Bayadh, Naama, Saïda, est laissée aux ‘'secondes mains» et aux revendeurs occasionnels, qui viennent s'y approvisionner à des prix deux fois moins chers que ceux qu'ils proposeront ensuite dans les points de vente clandestins.
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