Constantine - Revue de Presse

Visite du président français en Algérie



Enrico Macias dans les valises de Sarkozy ? Le célèbre chanteur français, né en Algérie, Enrico Macias, pourrait être la surprise du «chef» Sarkozy à l’occasion de sa visite d’Etat en Algérie, prévue du 3 au 5 décembre prochain. Des indiscrétions de l’Elysée laissent entendre, en effet, que le chanteur ferait partie des invités du président pour sa première visite d’Etat en Algérie. Pourquoi donc Enrico Macias? Contrairement à son prédécesseur, Jacques Chirac, qui avait choisi en 2003 de visiter Oran, Nicolas Sarkozy aurait jeté son dévolu sur la capitale de l’Est, Constantine, pour un souci «d’équilibre régional». Mais cela paraît être un argument spécieux, attestent certaines sources puisque le président français voudrait offrir le voyage de «sa vie» à son ami Enrico en l’amenant avec lui dans sa ville natale Constantine. C’est ce que subodorent des sources proches de l’Elysée, relayées par le quotidien électronique «Tout sur l’Algérie» à un peu plus de quinze jours du rendez-vous présidentiel. Bien qu’un communiqué de l’Elysée ait noté qu’il était «prématuré» de parler de la liste des accompagnateurs du président Sarkozy, l’éventualité passe pour une simple formalité aux yeux de certaines «gorges chaudes» de l’Elysée. Sarkozy voudrait ainsi exaucer le vœu de son «ami» Enrico de venir visiter son pays, mais surtout sa ville natale. Chose qu’il n’a pu faire en 2000 quand une vague de réprobations a suivi l’annonce de son grand concert à Constantine. Et comme le président Sarkozy tient tout particulièrement à ce qu’il fasse un crochet par la capitale de l’Est, contrairement à Chirac qui avait choisi en 2003 celle de l’Ouest, Oran, pour, semble-t-il, une «histoire d’équilibre régional», la présence de la vedette de la chanson française, d’origine juive, serait le clou du déplacement de Sarkozy qui renverrait ainsi l’ascenseur au lobby juif qui l’a aidé dans sa conquête de l’Elysée. Par ailleurs, la presse française suggère même que le chanteur puisse se voir offrir par son «ami le président» une mission dans le cadre du sulfureux projet d’Union méditerranéenne dont les contours ne sont pas encore précisés par Sarkozy. Cette nouvelle casquette que ferait porter Sarkozy à Macias, permettrait, d’après les observateurs, de «faire avaler la pilule à ceux qui, en Algérie, restent hostiles au chanteur pour son soutien public à la politique de terre brûlée menée par Tsahal en Palestine». Il reste donc à savoir quelle serait la réponse d’Alger à cette proposition de Paris non encore confirmée, soit dit en passant. Mais on se rappelle que le président Bouteflika n’était pas forcément contre le voyage du chanteur en Algérie puisque c’était lui-même qui l’y avait invité lors d’une rencontre à Paris. Sauf que Bouteflika, fraîchement élu alors, a dû se raviser quand une vague de protestations a pris forme en Algérie sous la férule d’un certain... Abdelaziz Belkhadem dans le cadre de ce qui était appelé alors «Comité algérien contre la normalisation avec Israël». C’est dire que si la venue de Macias se confirme, Abdelaziz Belkhadem risque de se retrouver dans de sales draps en sa qualité d’ex-coordinateur dudit comité et, bien sûr, de celle de chef du gouvernement qui le forcerait à... accueillir officiellement son ennemi d’hier. A moins que Abdelaziz Belkhadem ne réactive ses amis du comité pour dresser un deuxième barrage à Enrico Macias via une montée au créneau de la société civile qui obligerait le président Bouteflika à céder une seconde fois. Aussi, l’approche de l’élection présidentielle de 2009 pourrait inhiber le président pour tenter un tel coup de poker dans un pays connu pour sa sensibilité à tout ce qui touche la Palestine. A moins que l’arrivée de Macias ne soit empaquetée dans un autre emballage qui la ferait passer pour un fait divers. Mais beaucoup d’Algériens, parmi la classe politique et la société civile, ne manqueraient pas de crier à la deuxième provocation de Sarkozy si ce voyage se confirme. Wait and see.
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