A.Lemili
Qu'ils soient présents ou absents, élus et membres de l'exécutif ne changent rien au rythme de fonctionnement dans les établissements administratifs ou commissions à partir desquelles ils sont, pour les premiers, censés donner le dynamisme nécessaire à un cadre de vie normalisé et veiller, en vertu de leurs prérogatives, à ce que cela soit pour les seconds. Constantine est littéralement entrée en état de catalepsie depuis le début de l'année pour ne pas dire depuis les dernières élections locales.
Parce qu'ils n'obéissent pas aux règles déterminées (préavis) les arrêts de travail et sit-in intempestifs qui peuvent prendre naissance au niveau de n'importe quel établissement administratif viennent, dans l'indifférence totale des responsables, laminer un fonctionnement déjà chaotique. Qu'il s'agisse de l'administration du chef-lieu de commune, celui du reste des communes de la wilaya, de leurs délégations pour l'administration locale, les polycliniques, les EHS et le CHU pour la santé, l'action sociale, l'éducation, tout contribue à faire tourner au ralenti l'appareil, livrant à une grande solitude les habitants et plus particulièrement les personnes pressées par une prestation relevant de l'activité de ces derniers.
Halls et salles d'attente ne désemplissent pas et il n'est pas exagéré d'affirmer que les personnes qui y sont présentes, par fatalisme, ne semblent plus pressées de quitter les lieux et encore moins s'emporter et faire valoir leurs droits pour obtenir un document, conscientes qu'elles sont et resteront les otages d'agents diaphanes aux guichets. Ainsi au niveau des services publics de l'ensemble des communes ce sont les agents recrutés dans le cadre de l'un des dispositifs d'aide aux jeunes qui s'affairent à assurer les prestations. Au moment donc où les permanents sont non seulement absents mais, plus grave encore, exercent des activités lucratives ailleurs, notamment dans des commerces personnels (kiosques, taxi, fast-food, étal de fruits et légumes). Si cette léthargie générale est pénalisante que risquera-t-il d'en être à partir de la période des départs en congé et un mois de Ramadhan concomitant. Toutes proportions gardées, l'aspect dramatique de cette situation demeure évidemment la démission de la chaîne de commandement au niveau des hiérarchies administratives respectives de chaque établissement. Les structures de la santé demeurant le meilleur ou sinon le plus mauvais exemple du fonctionnement d'un secteur valétudinaire où rarement des responsables n'ont autant fui leurs devoirs qu'il s'agisse du président du conseil scientifique, doyens, directeurs d'établissements, chefs de services'.
Comble de l'ironie, la médiatisation ponctuelle de ces avatars quotidiens a eu pour retour de flamme leur banalisation à telle enseigne désormais qu'elle risquerait de conduire à modifier une exception en la règle.
D'aucuns, parmi les responsables avec lesquels nous avons eu à évoquer cette dérive progressive, sont unanimes à souligner «une inquiétude effective dans ce qui semble à nos yeux prendre graduellement les contours d'un no man's land duquel a posteriori il parait peu probable d'en sortir». De là à ce que nos interlocuteurs puissent évoquer le chaos il y a un pas qu'ils disent «ne pas franchir'toutefois nous souffrons d'une réelle visibilité immédiate».
Quant aux élus que nous avons approché et notamment ceux qui, en néophytes, font l'expérience du mandat électif, grand a été notre étonnement d'apprendre qu'ils voient évoluer autrement les choses et, comble du paradoxe, que jusque-là ils vivent la situation comme n'importe lequel des citoyens.
Autrement dit en'spectateurs.
C'est dire. Enfin, plus qu'ailleurs, cette chape est d'autant plus pesante que Constantine est un chantier qui ne prend pas fin avec les nombreux projets de modernisation de la ville certes mais qui viennent en rajouter au mal de vivre. Or, d'autres chantiers vont s'ouvrir avec l'élection de la ville pour l'année 2015 en tant que «Capitale de la culture arabe».
A. L.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com