
Dans une lettre adressée le 27 décembre 2015 au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, dont une copie a été remise à notre rédaction, Bouchouit Fatima-Zahra, fille de chahid,interpelle ce dernier pour mettre fin à ce qu'elle a qualifié de situation de flagrante injustice dont sa famille est victime depuis plusieurs années. Cette dame, dont le père, Bouchouit Amar, a été assassiné par l'OAS le 5 mars 1962, à proximité de l'hôtel des Travaux publics de Constantine où il était employé, affirme que sa défunte mère s'est épuisée depuis l'indépendance dans des démarches auprès de divers organismes pour faire reconnaître officiellement la qualité de chahid à son défunt époux.Des tentatives qui se sont avérées vaines devant le refus du ministère des Moudjahidine de lui reconnaître cette qualité, précise-t-elle, en dépit du fait que le dossier qui a été transmis au même ministère comporte des preuves intangibles (pièces dont nous détenons des copies) de l'assassinat de son père par l'OAS, notamment un certificat de décès délivré le 6 mars 1962 par le centre hospitalier de Constantine attestant que son père est décédé des suites de plaies causées par des impacts de balles, deux attestations établies par l'administration des travaux publics de Constantine certifiant que son père a bien été assassiné par l'OAS à la date indiquée et une photo de la plaque commémorative scellée sur la façade de la DTP de Constantine portant les noms des agents morts pour la patrie et où figure le nom de son père.Après le décès de sa mère, Mme Bouchouit a donc repris le flambeau pour tenter d'obtenir en tant qu'ayant droit une pension de fille de chahid. Un chemin semé d'embûches bureaucratiques qui a tout de même abouti à l'envoi, en 2010, par la direction des moudjahidine de Constantine de son dossier au ministère de tutelle lequel, affirme-t-elle, n'a toujours pas donné de réponse. Mme Bouchouit souligne, par ailleurs, avoir adressé en 2015 deux lettres recommandées au ministre des Moudjahidine pour lui exposer son cas, mais là aussi aucune réponse ne lui est parvenue. Dans sa lettre à Abdelmalek Sellal, Mme Bouchouit dit avoir le sentiment que son père a été assassiné par l'OAS, mais que sa mère «a été tuée par l'injustice et la hogra de son propre pays, car elle n'a pas de parent bien placé ni de connaissances parmi les personnalités influentes pour intervenir en sa faveur». Cette lettre, écrit-elle encore, constitue pour elle un ultime recours, un véritable cri de détresse adressé au Premier ministre afin qu'il intervienne pour que le ministère des Moudjahidine lui fasse connaître enfin sa décision concernant le dossier de son père.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F Raoui
Source : www.elwatan.com