
Après cinq ans d'attente, la situation demeure bloquée pour des propriétaires qui crient à l'injustice.C'est l'histoire triste et révoltante de la famille Boukchour, qui rêvait d'avoir un toit digne sur son propre terrain, mais qui s'est retrouvée victime des engrenages d'une administration ne voulant pas se débarrasser de ses vieux réflexes bureaucratiques. Pour une histoire de permis de construire, cette famille vit depuis 5 ans un cauchemar.Cela commence en 2009 quand M. et Mme Boukchour, retraités habitant un chalet délabré menaçant ruine à la cité PMA à Oued Hamimime, dans la commune d'El Khroub, décident de construire une maison sur leur propriété. «Le 4 avril 2009, nous avons déposé un dossier de demande d'un permis de construire auprès des services de la commune d'El Khroub par le biais d'un bureau d'études.Le dossier a été approuvé par les mêmes services et transmis à la direction de l'urbanisme et de la construction (DUC) avec un avis favorable pour terminer la procédure», déclare Mme Boukchour. Toutefois, le délai réglementaire accordé par la loi à l'administration pour rendre une réponse au demandeur, qu'elle soit favorable ou défavorable, a expiré. Automatiquement et selon le code communal, les membres de cette famille ont entamé les travaux en septembre 2010, convaincus qu'ils étaient d'être en règle vis-à-vis de la loi qui régit les permis de construire.«Parallèlement à cela, nous avons formulé des réclamations auprès de la commune d'El Khroub et de la DUC, mais à notre grande surprise, on nous apprend que notre dossier a disparu ; toutes nos requêtes adressées aux responsables des services de la commune pour retrouver ce dossier sont restées infructueuses», a affirmé Mme Boukchour. «Le 4 octobre 2010, les services techniques de la commune d'El Khroub sont venus sur les lieux pour un contrôle, et comme par hasard le dossier, qui a longtemps disparu, a réapparu», a indiqué notre interlocutrice.Cette dernière précise que leur dossier a été archivé sans les informer de la décision de la DUC et de l'avis défavorable qui y figurait avec comme seule réserve «zone inondable». Les propriétaires ont dû arrêter les travaux suite à cet avis, pour entreprendre des réclamations qui se sont soldées par un avis favorable. «Nous avons déposé un autre dossier pour régularisation puisque la réserve de zone inondable a été levée.C'est à ce moment que les problèmes ont commencé avec les services techniques de la commune d'El Khroub, qui ont refusé de régler le problème», révèle Arbia Boukchour. «A ce jour, nous n'avons rien construit ; nous pataugeons dans la boue pour accéder à notre chalet ; cette attitude qui nous a causé d'énormes désagréments est due à notre refus d'accepter les solutions illégales et contraires à la loi», se plaint-elle.Plainte pour abus d'autoritéMme Boukchour n'est pas au bout de ses peines. «Ma surprise fut grande quand j'ai constaté qu'il s'agissait d'un complot des services de la commune d'El Khroub, avec la complicité d'un voisin. Quand j'ai poursuivi en justice ces commis de la commune pour abus d'autorité et trafic d'influence, ces derniers ont impliqué une tierce personne dans l'affaire ; cette personne n'est autre que mon voisin», dénonce-t-elle. Dans les documents dont El Watan détient une copie, le voisin impliqué a témoigné que la maison de la famille Boukchour bloquerait la vue et la façade de sa villa, réalisée dans une zone non constructible (El Watan détient une copie du plan des terrains).«C'est tellement aberrant, car les mêmes services m'ont proposé de changer le plan de ma maison pour que la façade de mon voisin, qui est orientée totalement vers mon terrain, ne sera pas bloquée», a-t-elle regretté. Cette situation suscite de nombreuses interrogations. Pourquoi on implique le voisin dans cette affaire ' Après 5 ans d'attente, pourquoi on refuse toujours de livrer le permis de construire à cette famille qui est dans son droit ' «Pourtant plusieurs personnes ont construit des maisons dans des zones inconstructibles sans permis de construire, et elles n'ont pas été inquiétées», ajoute Arbia Boukchour.Actuellement, cette famille détient deux expertises, (dont El Watan dispose d'une copie) l'une de la part de la DUC et l'autre d'un expert désigné par la justice, qui prouvent que la famille Boukchour est dans les règles sur sa propriété, et elle agit dans le respect de la loi et du plan de construction. «J'ai été humiliée par les services de la commune d'El Khroub. Depuis 2011, j'ai envoyé plusieurs correspondances à tous les responsables concernés, y compris le maire d'El Khroub et le wali de Constantine. Malheureusement je n'ai reçu aucune réponse. Il faut payer cher pour faire respecter la loi. J'ai perdu beaucoup d'argent dans cette affaire, non seulement à cause des travaux, mais aussi à cause des frais de justice», précise Mme Boukchour.Pour notre part, nous avons essayé de contacter les services techniques de la commune d'El Khroub pour avoir leur version des faits. Ils ont refusé de nous faire la moindre déclaration. De son côté, le président de l'APC d'El Khroub, Abdelhamid Aberkane, s'est contenté de nous dire qu'il est en train d'étudier l'affaire et que le dossier sera pris en charge.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yousra S
Source : www.elwatan.com