Constantine - A la une

Une autre expropriation dans le mépris total



Une autre expropriation dans le mépris total
C'est pratiquement le feuilleton « douloureux » de l'année, avec ces gérants laisséssur le carreau et des dizaines de pères de familles contraints au chômage.La galère des gérants des stations service de Constantine continue. Une sixième station Naftal exploitée par un privé, en gérance libre, depuis plus d'un demi siècle vient d'être officiellement fermée par les officiels de la ville du Vieux rocher. Une énième expropriation pour cause d'utilité publique. Cette fois, il s'agit de récupérer le terrain pour les besoins du projet de musée d'art et d'Histoire dans la perspective de l'événement culturel de 2015. Pour ce faire, le gérant de la station d'essence de l'avenue Zaâmouche, située non loin de la gare ferroviaire, a été sommé de libérer les lieux, sans préavis et sans trop de cérémonies.Contacté, à ce sujet, M. Benmeziane, gérant de cette station ne cache pas son désarroi et son amertume quant à la manière d'agir des autorités, lesquelles, estime t-il, «n'ont aucune considération pour les gens. C'est surtout cela qui fait le plus mal». Avisé, début avril, par les services de la wilaya de la décision d'expropriation visant cette station, gérée de père en fils, notre interlocuteur a néanmoins appris qu'il devait libérer les lieux par un simple appel téléphonique. Un appel émanant de Naftal, l'informant de la cessation d'approvisionnement de la station en carburant. Sans plus. Pas de préavis, pas d'état d'âme. Du jour au lendemain cet exploitant et ses 7 employés se retrouvent au chômage, et ce, à moins d'un mois du Ramadhan. «Mes employés et moi, nous nous retrouvons sans travail alors que le mois du Ramadhan est proche.Les autorités auraient pu attendre un mois de plus, au moins les employés auraient passé cette période à l'aise et non au chômage. Ils ont fait état d'un mépris total envers nous», regrette-t-il. Mis à part la mesure prise par le wali faisant état de la décision d'expropriation, ce gérant est pour l'heure déconcerté, ne sachant à quelle porte frapper. «J'ai adressé des demandes de rendez-vous au wali de Constantine, mais pour l'instant je n'ai reçu aucune réponse, j'attends toujours», ajoute t-il, déplorant, une fois encore, le peu de considération des autorités.Dans une lettre adressée à notre bureau, le désormais ex-gérant de la station de l'avenue Zaâmouche prend à témoin l'opinion publique, en appelle au soutien des Constantinois et réclame des terrains en guise d'indemnités, ainsi qu'une aide de l'Etat susceptible de reconstruire toutes les stations service de la ville, supprimées pour des «travaux d'utilité publique» comme le Transrhumel et le musée d'art et d'Histoire. Or, paradoxalement, si Constantine bénéficie de projets structurants d'une part, elle perd beaucoup en contrepartie. En trois ans, elle a du se séparer de pas moins de 6 stations service implantées dans des axes stratégiques et très fréquentés par les conducteurs locaux et ceux de passage. A présent, outre le fait que les autorités concernées aient largement participé à grossir les rangs des chômeurs, elles ont également accentué la tension existante sur le carburant.


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