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Une activité en récession à l'Est du pays



Une activité en récession à l'Est du pays
De notre correspondant à Constantine
A. Lemili

M. Belgherabli est responsable de l'agence du Touring Club d'Algérie (TCA). Pour notre interlocuteur : «Le besoin de partir en vacances est une deuxième nature chez nos concitoyens d'où la disponibilité obligée d'un programme en ce sens auquel pense n'importe quel tour-opérateur sauf qu'en bout de piste l'ambition n'est pas au rendez-vous et ces deux dernières années plus que par le passé». Comprendre par-là évidemment la situation politique en Tunisie, jusque-là destination privilégiée des Algériens. Mais il est presque tentant de dire qu'à quelque chose malheur est bon dans la mesure où selon le responsable de l'agence : «D'autres pistes se sont ouvertes d'elles-mêmes à savoir les destinations Maroc et Turquie pour lesquelles il y a un grand engouement de la clientèle. Même si la relation affective avec la Tunisie demeure la plus probante mais il faudrait faire toutefois avec le refus des directions des grands hôtels tunisiens de revoir à la baisse leurs tarifs, voire tout marchandage autour d'une situation construite sur les difficultés que traversent le pays ».Ce qui au demeurant est tout à fait logique sachant qu'au-delà des seuls marchands de tourisme algériens, ce sont les tour-opérateurs de l'ensemble de la planète qui négocient non sans sadisme la situation que vit la Tunisie pour essayer de faire des affaires à partir de ces difficultés et qu'au demeurant notre pays a connu et continue de connaitre. Tout cela au détriment donc des prestataires locaux tunisiens lesquels heureusement ' et c'est à leur honneur ' refusent de brader un know-how professionnel d'abord et des traditions d'hospitalité séculaires au motif que leur pays traverse une mauvaise passe.«Nos collègues tunisiens sont prêts à sacrifier une deuxième année en allant vers une saison sèche que de mettre en jeu une marque de fabrique qu'ils ont mis des décennies à consolider. Une espèce de clause de conscience préfère leur faire faire un sacrifice que brader une réputation qui fait leur force incontestable. A mon avis, ils voient juste sachant que panique aidant et réfléchissant plutôt en termes d'économie, les prestataires décident de revoir leur tarifs à la baisse et prêtent le flanc à la demande générale, qu'adviendra-t-il alors le jour où la stabilité reviendra, ce qui est probable, dans le pays. La baisse de tarif consentie leur reviendra tel un boomerang à la figure à partir de l'instant même où ils décideront de revenir à la normale. Autrement dit à des tarifs réels alignés sur la cotation standard. Le risque de cherté des prix, aussi arbitraire serait la raison invoquée et pour cause tout ce qui a été dit auparavant, que dénonceront les tour-opérateurs, devrait forcément peser dans les négociations»Quant au tourisme intérieur, pour le Touring Club d'Algérie il se limite aux prestations fournies par les entreprises de gestion touristiques nationales. Toutefois, leurs tarifs étant excessivement élevés et bien en deçà du rapport qualité/prix la demande est quasiment insignifiante. «Il pourrait néanmoins exister une issue avantageuse dans les jours à venir compte tenu de la disponibilité du premier responsable de l'EGT Est de conclure une convention étendue par ailleurs à l'ensemble des TO. Laquelle convention relancerait la dynamique et le retour vers un tourisme national. Bien entendu, la clé se trouve dans une réduction consistante des tarifs pratiqués dans les stations balnéaires relevant de l'EGT», soulignera M. Belgherabli.
Enfin s'agissant du tourisme réceptif, il est effectivement présent. «Chaque semaine nous recevons des couples, des groupes, des familles venant de France notamment. Ceux que l'on appelle les pieds-noirs et qui font de leur visite dans la ville où ils sont nés ou sont nés leurs ascendants une sorte de pèlerinage. Ces groupes constituent 80% de notre clientèle »Mais il existe forcément les contraintes qui n'autoriseraient pas à plus d'ambition également. Nous en donnons pour preuve la pauvreté en matière d'infrastructures d'accueil et, si tant qu'ils en soient disponibles pour répondre à la demande, les tarifs pratiqués sont déraisonnables. La masse la plus importante de touriste étant en général issue des classes moyennes, de retraités ou de groupes associatifs.Même les deux inaugurés (Novotel et Ibis), il y a deux mois, ne viennent pas en appoint dans la mesure où leurs prix sont prohibitifs d'abord et semblerait-il leur direction n'étant pas encore préparée à s'ouvrir à ce genre de prestations ensuite.Pour sa part, M. Badadi, directeur de l'agence de voyages Rhumel-Atlas, ne table plus finalement que sur les transactions vers l'étranger et pour une clientèle qu'elle soit représentée par un groupe, une famille, un individu. «Pour nous, cela marche nettement mieux compte tenu de l'impossibilité pour nous et d'ailleurs pour n'importe quel tour-opérateur de jurer disposer ou maîtriser le profil de nos concitoyens en matière de tourisme national. Les Algériens sont impalpables en matière de choix, ils sont très fluctuants pour ne pas dire littéralement indisciplinés et peuvent décider à n'importe quel moment de l'année de leur destination de vacances. Généralement plus en retard qu'en temps opportun. Du coup nous ne pouvons pas compromettre ou nous embarrasser de programmes que nous n'aurons cesse de modifier. Alors notre choix a très vite été tranché. Nous nous sommes mis à la prestation de la Omra qui marche, par ailleurs, très bien. Notre expérience et notre savoir-faire ont franchi les frontières à telle enseigne que nous assurons des prestations pour nos compatriotes installés à l'étranger pour leurs vacances dans d'autres pays du monde. Autrement dit et à titre d'exemple, des compatriotes résidant à Djeddah recourent à nos services pour un séjour au Maroc, en Turquie, Espagne, etc.»La raison de la baisse de la demande nationale est à mettre, selon notre interlocuteur, «sur la paupérisation des masses. Très franchement il nous semble irrationnel de nous attendre à ce que nos concitoyens puissent un seul instant inscrire des vacances sur leur agenda alors qu'ils terminent laborieusement le mois pour ceux qui ont l'avantage de travailler».Quoi qu'il en soit, ce qui est omis ou n'est pas dit par les deux parties avec lesquelles nous avons pris attache est que la situation sécuritaire est loin malheureusement d'assurer cette sérénité qui permettrait aux touristes étrangers de venir en Algérie et surtout de profiter de leur séjour dans toute l'acception du terme. C'est-à-dire ne pas être encadrés par des forces de sécurité, aussi discrètes fussent-elles, à chacun de leur déplacement ou d'être empêchés d'entrer dans une forêt, descendre un canyon'


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