Constantine - A la une

Un vivier de talents à promouvoir



L'art lyrique a le vent en poupe et il est le favori à l'espace du lundi des poètes de l'établissement Arts et Culture durant l'après-midi du 10 février, où il y a eu de l'expression en rime libre pour qui veut déclamer le trop-plein de rimes qu'il a dans ses tiroirs.Et à défaut qu'elle s'harmonise à la lyre, la rime s'accorde à l'arpège d'où fuse l'inattendu note du flamenco de notre Andalousie. Musique à l'allure d'un sauf-conduit, le "cante jondo" ou le "chant profond" de l'Andalousie a exhorté l'auditoire de la médiathèque Bachir-Mentouri au rêve. Le rêve d'une excursion à l'Alhambra ou "El-?amra" de Grenade (Espagne) au son du flamenco qui fusait du c?ur de la guitare de Houssam Minaoui, cet ancien du conservatoire municipal de Bologhine puis de Kouba, a-t-on su de ce fan de la guitare flamenca "où il y a nos sentiments dormants", a dit notre interlocuteur. Et à côté de l'alchimie de l'arpège, il y a aussi ce pouvoir et l'intensité des vers qu'ont versifiés d'anonymes poètes issus d'horizons divers et qui n'ont pour credo que de "faire vivre leur art", a déclaré l'animatrice et auteure du recueil de poèmes Faux pas (éd. El-Fairouz), d'où cette passionaria de La Casbah a fait le choix de déclamer "Alger. Contemple-là? Cette belle dame. Aux grands yeux bleu azur.
Touche ses cheveux dorés. Tressés aux rayons de soleil amoureux. Tu ne pourras que te jeter dans ses bras de fée. Fermer tes yeux sur une larme suspendue. Et crier je t'aime Alger". On ne décide pas d'écrire un poème s'il n'y a pas cet élément perturbateur qui déclenche en nous l'envie d'entrer au confessionnal de "la feuille blanche", a dit l'auteure d'On avait un beau jardin qu'a fané l'obscurantisme. Du reste, le vers est dans l'amour filial, fraternel ou charnel. Fraternel d'abord avec l'hommage de notre confrère Mohand Saïd Bensekhria à son frère défunt Omar : "Je recherche l'ombre de ton beau visage. Petit frère, parti trop tôt rejoindre les anges.
Le manque aujourd'hui de toi me ronge. Ton visage d'enfant au sourire innocent. Comme un rêve gravé sur l'éphémère présent" qu'il a choisi de son recueil Au clair de mes nuits (éd. L'Harmattan). Et puisqu'on est à la veille de la Saint-Valentin, l'amour que l'on ose du bout des lèvres y est déclamé à bouche-que-veux-tu. C'est le cas de Abdelhafid Boukhallat qui réconcilie le c?ur meurtri avec l'amour. "J'ai juré de ne plus aimer. Ni plus tomber dans les filets. De l'amour que j'adorais. Mais je crois que j'ai eu tort. D'avoir juré sans réfléchir. Car je viens de découvrir que l'amour est toujours le plus fort", a déclamé cet artiste de l'intonation qu'il a héritée de récitations de sa vie d'instituteur.
Et dans le sillage des vers de Mahmoud Yamir, il y a aussi "le silence des mots" de la bouqala de la diseuse Fatiha. Autre rime de qualité, celle de "Qacentina" qu'a dédiée ou plutôt osé Saâdi Mohamed Sami à son idole Enrico Macias, né Gaston Ghrenassia : "Constantine ou Qacentina. Berceau de mon enfance. Je ne peux t'oublier. Constantine je ne fais que prier. Pour être un jour auprès de toi." Et c'est dans l'homélie d'une ondée de vers que ces poètes ont prêté le serment de vivre dans la rime.

Louhal Nourreddine
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)