
L'homme politique et ancien Premier ministre, Belaïd Abdeslem, cet enfant de Aïn Kebira, enrichira l'ouvrage de Kamel Beniaïche, Sétif, la fosse commune : Massacres du 8 mai 1945, par un témoignage poignant et surtout inédit : «Parler des événements du 8 mai 1945 de manière apaisée, j'en suis convaincu, peut faire la lumière sur nombre de zones d'ombre.Sur la souffrance endurée par des collégiens dont le seul tort a été d'avoir pris part à une marche. Il est de notre devoir de transmettre objectivement la mémoire collective. La rentrée scolaire 1944-1945 au lycée. Pour les indigènes que nous étions, le collège était un bastion du nationalisme. D'ailleurs, c'est au sein de l'institution que j'ai entamé ma vie de jeune militant.La cellule dirigée par Si Abdelhamid Benzine qui nous a montré la voie, donné des conseils à la cause nationale. Pour ne pas être démasqués, notre activité militante est restée secrète. Nos moments de détente étaient consacrés aux conditions de notre peuple ne pouvant éternellement supporter un tel asservissement. Nous croyions naïvement qu'avec la capitulation de l'Allemagne nazie, l'Algérie, qui avait payé un lourd tribut en Italie et en France, allait être enfin reconnue comme nation.Malheureusement, la marche pacifique qui tourna au drame montra le véritable visage de la France coloniale qui s'est mise en branle par la suite, nous obligea à revenir sur terre et regarder la triste réalité en face? Il est indéniable que la manifestation avait une connotation politique certaine.Dire que les organisateurs avaient fait du 8 mai le coup de starter d'une insurrection armée est une contrevérité. Pour l'histoire, les instructions du parti, transmises par Lakhdar Taarabit, étaient claires : nous devions marcher pour célébrer la fête des Alliés et brandir des slogans politiques? La furie de la police se déclenche à la vue de l'emblème national algérien. Cet acte est mis à profit par les policiers qui dégainent.Constatant que les choses tournaient au vinaigre, je suis rentré chez moi, à Aïn Kebira. Où je suis arrêté et torturé. Je dois avouer que c'est à la suite de la découverte de la lettre que j'avais adressée, la veille du 8 mai 1945, à mon correspondant à Aïn Kebira que seront connus non seulement les responsables de la cellule, mais aussi le nom de notre contact, Lakhdar Taarabit?En plus de la de la bourse et l'exclusion définitive du collège, j'allais être transféré devant un tribunal militaire de Constantine qui me condamna à quatre années d'emprisonnement au motif de ??port d'arme dans un mouvement insurrectionnel''. Cette accusation est infondée, car je n'avais pris ni arme ni participé à un quelconque mouvement insurrectionnel. Après des mois derrière les barreaux où j'ai subi les pires sévices, je fus relâché en mars 1946?Lors de la rentrée scolaire 1949-1950, je suis retourné à Sétif pour réintégrer mon établissement d'origine, devenu entre-temps lycée Eugène-Albertini. Il faut savoir que la flamme du militantisme ne s'est pas éteinte et m'a poussé à prendre la cellule du parti qui s'est enraciné dans les entrailles de l'établissement où je bouclais l'enseignement secondaire. Avec un bac en sciences expérimentales. Je dois préciser que c'est à l'intérieur de ce temple du savoir que nous avons pris conscience que l'asservissement de notre peuple ne pouvait perdurer.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Watan
Source : www.elwatan.com