Le récit de Hocine Chabi, Un commando de l'ALN 1956-1962 raconte la guerre de Libération en wilaya 3 (Tira Editions), devrait intéresser les historiens et plus largement les passionnés d'histoire. Dans cet ouvrage de 150 pages, les propos sont recueillis par le fils de l'ancien maquisard Fodil Chabi, diplômé de sociologie à l'université de Constantine, ancien enseignant et syndicaliste, aujourd'hui proviseur au lycée Ali-Amara d'Aokas. "J'ai commencé à retranscrire ce que le paternel racontait à la maison et à ses amis. Tout ce qu'il avait raconté, j'ai essayé de le remémorer en le couchant sur des cahiers, destinés à ce projet.Je l'ai sollicité ensuite pour me préciser des points particuliers", nous a confié Fodil Chabi, ancien acteur sociopolitique de premier plan. Pour dire qu'il maîtrise parfaitement son sujet, il écrit en 4e de couverture de ce récit-témoignage que ce sont de "fascinants et de glorieux faits d'armes" qui y sont rapportés. Mais aussi de "terribles et de sinistres épreuves qui ont, à un moment ou un autre (de l'histoire, ndlr), jalonné cette période du combat libérateur et dont il fut un témoin et un acteur".
Il fait allusion à ce qui a été moins glorieux dans la guerre de Libération nationale : la "Bleuite" entre autres, mais pas seulement. En effet, Hocine Chabi, dit Chapi, est revenu dans le chapitre "Vers la Haute-Kabylie" sur l'angoisse et la suspicion qui avaient régné dans les rangs de l'Armée de libération nationale (ALN). En tant que témoin et acteur, malgré lui, de cet épisode que l'auteur a qualifié de "cauchemardesque" de la "Bleuite", dont la Kabylie fut le théâtre. Il est revenu également sur les "Convois de la mort". Les maquisards, qui sont obligés de traverser les lignes de la mort, pour se rendre en Tunisie afin de s'approvisionner en armement. Enfin, il achève son récit-témoignage en relatant les atroces conditions de détention dans l'enceinte de la sinistre prison de Barberousse.
Grièvement blessé dans une rude bataille à Aït Mesbah (Beni Douala), Hocine Chabi est alors arrêté par les parachutistes. Hôpital, enquête et transfert à la prison de Barberousse d'Alger, pour répondre de l'affaire Thalandier. En effet, poursuivi pour arrestation, séquestration de personnes (enlèvement d'un père blanc suspect et d'un colon espagnol), association de malfaiteurs et détention d'armes, il fut condamné par le tribunal permanent des forces armées de Tizi Ouzou à vingt ans de réclusion criminelle. Fait surprenant, lors de son arrestation, les parachutistes étaient ébahis de voir en face d'eux un combattant bien rasé et avec un treillis militaire impeccable : "T'as vu. C'est une vraie armée.
Il a une tenue militaire meilleure que la nôtre." Hocine Chabi avait alors esquissé un sourire en rétorquant : "Le colonel Amirouche avait raison de veiller à la discipline. Il exigeait toujours une conduite et une tenue impeccables." Un commando de l'ALN 1956-1962 raconte la guerre de Libération en wilaya 3 est un ouvrage à découvrir, car il apporte un témoignage précieux sur la révolution algérienne.
M. OUYOUGOUTE
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Moussa OUYOUGOUTE
Source : www.liberte-algerie.com