Macha Gharibian Quartet anime pour la première fois un concert au Maghreb
Constantine.
De notre envoyé spécial
Macha Gharibian est une pianiste qui sait dialoguer avec l'instrument et mettre en valeur sa voix. Cette chanteuse française d'origine arménienne, qui se produit pour la première fois en Algérie et au Maghreb avec son quartette, fait une musique marquée de sagesse, de profondeur spirituelle et de mélancolie. Samedi soir, au Théâtre régional de Constantine, le public du 11e Festival international du jazz, Dimajazz 2013, a été emporté sur une vague de mélodies parfumées des senteurs d'Orient, d'Asie mineure et de la Méditerranée. La musique de Macha Gharibian invite à la réflexion, à la méditation et parfois à la joie. La formation classique de base de Macha, fille de Dan Gharibian, guitariste du groupe tsigane Bratsch, n'a pas empêché l'artiste de se jeter dans les bras du jazz depuis un voyage mémorable à New York.
Quelle ouverture sur le monde ! «Pour moi, ce fut une libération. Je viens de la musique écrite, celle où l'on doit se limiter à la partition. J'ai senti qu'il y avait quelque chose en moi qui devait s'exprimer, j'ai pu le faire grâce au jazz, qui permet de créer des ponts», a déclaré Macha Gharibian lors de la conférence de presse qui a suivi le concert. Byzance, extrait de son premier album, Mars, sorti en janvier 2013, est le plus expressif de la démarche mélodique et rythmique de Macha Gharibian. Il y a de tout dans ce morceau incroyablement composé. La philosophie de l'artiste, en premier. Byzance, c'est le rêve d'une jeune fille née en France dont les origines sont plutôt orientales. Elle s'imagine donc un Orient où elle n'a jamais vécu. Elle n'est jamais allée à Ankara ou à Alep, mais elle sent les épices.
C'est donc un «Orient du c'ur», a-t-elle confié. Macha Gharibian chante en anglais et en arménien. Son répertoire est également composé de chants populaires d'Arménie, comme Kélé, kélé, une mélodie pour l'amour. Devant le public de Constantine, elle a également interprété une chanson d'Azerbaïdjan. «J'aime la musique azérie. Les Arméniens et les Azéris ont longtemps fait la guerre, mais la musique doit pouvoir rapprocher les gens. Dans le passé, les musiciens azéris et arméniens jouaient ensemble dans des orchestres. J'ai donc eu envie de transmettre un message de paix. Je souhaite que les conflits cessent entre tous les peuples», a-t-elle noté. Elle a tenu à saluer les Constantinois pour leur accueil. «Les gens sont ici pour que les choses bougent. Nous allons tous repartir avec une belle image», a-t-elle dit.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Watan
Source : www.elwatan.com