
Très connu pour être le plus ancien de Constantine, le café Nedjma, situé à la place Ladjabi, près du siège de la médersa, sur la rue Larbi Ben M'hidi, subit un triste sort depuis sa fermeture décidée le 14 avril 2015.Une décision précipitée et mal réfléchie, puisqu'elle survient 6 mois après l'arrêt de tous les chantiers de réhabilitation des lieux de culte et autres sites du patrimoine architectural de la vieille ville, dans le cadre d'un programme lancé à l'occasion de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015».Les raisons de cet arrêt sont liées essentiellement à un problème juridique ayant abouti au non-paiement des bureaux d'études chargés du suivi des travaux et des entreprises engagés dans cette opération. «Comment peut-on prendre une telle mesure, six mois après l'arrêt des autres chantiers, et pourquoi avoir engagé des travaux sachant pertinemment qu'on n'est pas en mesure de payer l'entreprise», s'indigne Antar B., un des fidèles de cet endroit mythique de la ville.Le choix d'engager des travaux dans ce lieu lui a porté un sérieux coup. Tous les clients du café Nedjma s'interrogent aujourd'hui sur l'utilité et surtout la finalité de ce chantier, et ce qu'il va apporter de plus, s'il ne va pas dénaturer encore les lieux. «Rester plus de huit mois sans activité est une mauvaise affaire pour nous, avec toutes les conséquences que nous subissons en recettes perdues, mais aussi des charges à supporter, notamment le loyer et les salaires des travailleurs», déplore Mohamed Beldjoudi, gérant du café.Lors de notre visite des lieux, hier, nous avons constaté que le local, déjà défiguré, était cerné d'une clôture métallique cadenassée, pas de trace de travailleurs. Le plus étrange est qu'il n'y avait aucune plaque indiquant la nature des travaux et la durée du chantier, comme l'exige la réglementation. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire de ce lieu symbolique de la ville, le café Nedjma, plus connu des Constantinois sous le nom El Goufla, fut aménagé en 1928 par son premier propriétaire, Hadj Khodja Laâdjabi dit El Goufla, d'où le nom du lieu.Après la mort de ce dernier, en 1954, la gérance du café reviendra à son fils Allaoua, mort en 1984, et au neveu d'El Goufla, Beldjoudi Hadj Medjdoub, décédé le 24 janvier 2005. C'est ce dernier qui, le 1er mai 1950, choisit de donner au lieu le nom de Nedjma, par lequel il sera désormais connu. Mis à part des changements de décor, le café a conservé son cachet d'antan. C'est, actuellement, le plus ancien café de la ville de Constantine après la disparition du Benyamina en 1950.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arslan Selmane
Source : www.elwatan.com