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Un dernier hommage rendu à un grand homme de la culture



Un dernier hommage rendu à un grand homme de la culture
Constantine était triste hier. Ses hommes, ses femmes, ses jeunes et ses vieux étaient en peine.Ses quartiers, ses ruelles et même son ciel sentaient la désolation. La ville vient de perdre un de ses fils, un homme qui a dignement servi la culture et le patrimoine de son pays. Mohamed Tahar Fergani s'est éteint, mercredi soir, dans un hôpital parisien à l'âge de 88 ans.Arrivée vers 10h à l'aéroport Mohamed Boudiaf de Constantine, la dépouille mortelle a eu droit à tous les honneurs, en présence du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et du ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi. Elle sera acheminée vers son domicile à Sidi Mabrouk, où le regretté sera accueilli par ses proches, ses amis et ses voisins, avant de prendre la route de la maison de la culture Malek Haddad pour un dernier hommage, dans des moments d'intense émotion, où de nombreux Constantinois n'ont pas pu accomplir leur devoir en raison des défaillances de l'organisation.Rencontré sur les lieux, Hamdi Bennani estime que le départ de Fergani est une grande perte pour la famille artistique. «Il était pour moi plus qu'un ami, car nous avons vécu ensemble de bons moments depuis que je l'ai connu en 1956. C'est toute une vie.C'est un monument qui vient de nous quitter, mais qui restera certainement toujours vivant dans nos c?urs», a-t-il déclaré, en racontant cette anecdote : «En écoutant chanter Fergani lors d'une soirée en 1961, Raymond Leyris avait dit : ''Si j'avais la voix de Mohamed Tahar, j'aurais bouleversé le monde''.» Parmi ses élèves, certains ont eu du mal à s'exprimer. Salah Rahmani n'a pu retenir ses larmes en évoquant ses souvenirs avec son maître. «Les mots sont insuffisants pour parler du Cheikh. C'était un bon conseiller. Il était très sévère au travail, mais il avait un bon c?ur», révèle Redha Boudebagh. «C'est grâce à lui que j'ai pu faire carrière dans ce genre. Il est irremplaçable. Ce qu'il a fait, personne ne peut le faire ni avant ni après. Il a formé plusieurs jeunes.Je le considère comme une école.» «Même ceux qui ne l'ont pas connu de près sont en train d'apprendre à travers ses élèves. C'est un père spirituel de la musique, il m'a inculqué l'amour du malouf, c'est lui qui a fait Dib El Ayachi. S'il n'y avait pas Tahar Fergani, il n'y aurait pas non plus Dib El Ayachi.C'est une grosse perte pour nous et pour tout le monde», témoigne Dib El Ayachi. Après la prière du mort à la mosquée Emir Abdelkader, le maître du malouf sera accompagné vers sa dernière demeure au cimetière central de Constantine par une foule impressionnante, avec une présence remarquable de tous les médias. Membres du gouvernement, hommes de culture, artistes, personnalités politiques et simples citoyens qui l'ont connu et côtoyé, mais aussi des jeunes qui n'ont pas eu la chance de vivre son époque. Mohamed Tahar Fergani a été enterré au pied d'un très grand sapin. Un arbre centenaire qui se dresse bien haut vers le ciel et que rien ne peut faire bouger. Une image à méditer.
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