Il est de notoriété publique que la ville de Constantine se distingue par une absence totale de moyens de distraction.
Tiens, une trouvaile : l'aéroport. Le décollage et l'atterrissage des avions étaient, faute de mieux, la seule « distraction » possible dans un quotidien aussi morne qu'un après-midi d'automne. Et puis le « manège », pardon le téléphérique, est arrivé. Soudain le Constantinois a pris de la hauteur et, depuis quelques semaines, toise du haut des cabines bleues ses problèmes quotidiens restées au ras des pâquerettes.Mais quand on prend de la hauteur, au sens physique, on a une meilleure vue d'ensemble. C'est ainsi que lorsque les cabines quittent la station Tatèche, le Constantinois verra à sa gauche l'immense terrain occupé par les militaires, et derrière une muraille ancienne qui aurait pu abriter une médina. Sous les pieds de ce même Constantinois coule le Rhumel à côté du fameux Chemin des touristes que l'on nous promet de réhabiliter depuis des lustres. D'un autre côté, il y a le lycée Redha Houhou, centenaire, ayant longtemps été l'étalon de ce qui se fait de mieux dans l'enseignement, devenu un passe-temps pour des lycéens qui se f'éperdument des pétitions que fait voter à tour de bras le directeur de l'éducation pour garder son « fauteuil ».Arrivé à la station de l'hôpital, le Constantinois poussera un soupir en voyant les centaines de personnes accédant au CHU de la ville, devenu un mouroir où les malades se font traiter, sans jeu de mots, comme'rien ! En repartant vers la dernière station, le Constantinois remarquera le terrain Tennoudji, qui ressemble à une ville allemande après le passage des avions des Alliés, lui qui fut squatté pendant des dizaines d'années par des milliers de familles, y ayant créé un gigantesque bidonville. En quittant la station, le Constantinois reprendra le bus pour regagner son domicile à Djebel Ouahch, à proximité d'un parc naturel où a existé, durant quelques années, un autre genre de parc, qu'on appelle d'attractions, mais qui a été fermé parce que la wilaya n'a pas su quoi en faire.Le même Constantinois s'endormira en pensant au tour de « manège » qu'il fera demain, puisque l'aéroport est devenu inaccessible aux curieux, que le parc n'a plus d'attraction, que le Chemin des touristes est toujours en ruine, et que la piscine est toujours à sec. Tout comme le robinet de la ménagère qui prend l'accent de la Canebière depuis la venue des eaux de Marseille pour un autre tour de' manège !
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Hamid B.
Source : www.elwatan.com